WOSB : les « Malgré-tout »

Dans un environnement relativement indifférent à son existence, le WOSB continue son petit bonhomme de chemin en N2, entre ambitions limitées et troisièmes mi-temps poussées.

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Ils sont un peu à part. Depuis plusieurs années, le regroupement Wasselonne-Otterswiller-Saverne est une place forte du basket alsacien. 

Et l’intitulé WOSB clairement identifié et reconnu de Paris à Lyon. Avec ses petits moyens, sa salle de village à Otterswiller, on a conscience d’être « un club pas comme les autres », pour reprendre les mots du « président par défaut », Daniel Wilt. « On est un petit club de campagne, avec aucun réel objectif. Les gars, en signant, ils savent qu’ils ne vont pas jouer la montée, mais il y a une ambiance, une troisième mi-temps… C’est une bande de copains. » 

Cette saison, ça tourne plutôt bien. Le WOSB est dans le Top3, à la lutte avec les grosses machines que sont Mulhouse et Cergy, où les joueurs sont pratiquement dans un fonctionnement professionnel, où le WOSB s’appuie sur des étudiants, des connaissances, un réseau solide au final pour monter une belle équipe sans lâcher des salaires mirobolants pour le niveau. « Ce sont de bons garçons, avec un bon QI basket », juge celui qui est en fait co-président. « Je leur ai juste mis une petite pression sur la coupe du Crédit Mutuel*, parce que ça, c’est un objectif pour avoir quelque chose à jouer jusqu’à la fin de la saison. » 

« Si demain un mécène se pointe, je lui laisse la place »

Daniel Wilt, avec son expérience de la N2, comme joueur, entraîneur, président, arrive à maintenir son club sans trop de galères. « Si demain un mécène se pointe avec 500 000€, je lui laisse la place dans les dix minutes », rigole-t-il. « On arrive à réunir les 200-250 000€ de budget, mais le soutien des collectivités, c’est faible. Personne ne bouge alors qu’on est le plus gros club à des kilomètres à la ronde. À Saverne, le foot ça n’existe presque pas, le rugby, ça végète, et nous, on est au 4e échelon national… Si demain on nous raye de la carte, personne ne va pleurer. Qu’on termine 2e, 8e, 10e, ça ne change rien : les élus ne bougent pas. »

Les mots sont forts, et assumés. « C’est simple, on demande un parquet depuis 10 ans, on demande un vestiaire pour mieux accueillir nos adversaires… On n’a pas de salle de réunion… » Derrière ce tableau pas très funky, les co-équipiers de Jérémy Tschamber assurent la vitrine et le spectacle. En espérant que ceux qui portent ce club ne se lassent pas du manque de soutien global.

*Le match des 8e de finale contre Holtzheim a eu lieu ce week-end, en dehors de nos délais de parution