Volvo S60, le parfait contre-pied

Dernière née de l’architecture modulaire SPA (Scalable Product Architecture) de Volvo, la berline S60 prouve une fois de plus que le constructeur suédois sait exactement quoi mettre dans une berline de luxe… et quoi laisser de côté pour ne pas surcharger la proposition. Le résultat est une voiture incroyablement facile à vivre et impossible à prendre en défaut.

0
86

Devenu au premier plan depuis son passage sous le pavillon chinois de Gelly, Volvo a su, ces dernières années, prouver que le premium n’était pas qu’une affaire allemande. Le constructeur viking s’est même payé le luxe d’en découdre avec les chevaliers teutons sans pour autant complètement succomber aux modes du temps. Certes, les excellents XC90, XC60 et XC40 ont bien répondu présent aux sirènes des SUV, mais toujours avec une petite touche qui les différenciait de la concurrence, à l’image du XC40 qui ne coche qu’une petite partie des cases désormais bien connues d’un genre qui a représenté plus de 35 % des ventes l’an passé.

Preuve que Volvo est une forte tête, la dernière génération de sa 60 est tout d’abord sortie, sous nos latitudes, en version break. Certes, c’est cette déclinaison allongée qui se vend le mieux dans l’Hexagone et même en Europe, mais cela montre bien que Volvo ne renie jamais son histoire, écrite avant tout par les breaks, et qu’il ne sait que trop bien combien les us et coutumes automobiles sont changeants.   Un jour, sans doute moins lointain que la domination actuelle peut le laisser croire, les berlines, qui offrent un meilleur agrément de conduite (absence de roulis, position plus proche de la route, direction plus franche, etc.) et une meilleure efficience énergétique que les SUV, regarderont-elles de nouveau ces derniers dans le blanc des phares. Et la S60 de Volvo sera là pour en découdre…

Belle de nuit

C’est sans doute pour mieux marquer sa différence et sa propension à miser sur le temps long que Volvo a offert un design des plus sobres à sa S60. Atemporels, ses panneaux, comme des toiles de maître, sont épurés et ses lignes simples et droites. La S60 est un troublant modèle de pureté. Des éléments lumineux audacieux aux deux extrémités viennent volontairement casser ce style sans ostentation et ajoutent, de nuit, une dimension quasi surréaliste à la berline suédoise qui semble, avec son allure athlétique, comme surgir de l’obscurité, tel un animal fantastique de la mythologie scandinave. Cette impression est particulièrement présente dans la version R-Design, avec ses roues 19 pouces poussées vers les extrémités de la caisse. La nouvelle venue efface d’un seul regard l’image que l’on pouvait avoir de l’ancien modèle, sorti il y a neuf ans. La belle gagne 12 cm en longueur (4,76 m), 5 cm en hauteur (1,43 m) et 9 cm d’empattement (2,87 m). Malgré un style très épuré, l’ensemble transpire la sportivité.

Même constat à l’intérieur, où Volvo a fait le choix de la simplicité et de l’efficacité. Et ça fonctionne à merveille ! Il n’y a presque aucun bouton qui traîne. Tout n’est que jeu sur les matériaux et sur les formes. Le cuir piqué, les grilles d’enceintes Bowers & Wilkins en métal percé et les garnitures en métal brossé composent une symphonie maîtrisée, une véritable ode au toucher, à l’image du vaste écran central qui est une merveille de simplicité et d’ergonomie. Comme chez Tesla, il se divise en plusieurs parties qui permettent d’accéder immédiatement aux menus les plus importants (radio, GPS, climatisation). Tout se règle à partir de là. L’équipement de série comprend 7 airbags, la climatisation automatique bi-zone ainsi qu’un système audio à 8 hauts-parleurs. Sans oublier les innombrables équipements de sécurité, cheval de bataille de Volvo depuis des années. La S60 s’avance avec plus d’une vingtaine d’aides comme la lecture des panneaux, l’alerte de franchissement de lignes, la protection anti-sortie de route et la détection des piétons et animaux, tout en pouvant bénéficier du pilote semi-automatique qui intervient sur la direction, les distances de sécurité ou encore la vitesse dans les embouteillages et sur les autoroutes jusqu’à 130 km/h. Le « zéro mort ou blessés graves dans ses voitures à l’horizon 202 » de Volvo est à portée de main. Enfin, les sièges de la Volvo S60 ont dû faire l’objet d’une attention toute particulière et offrent une assise immédiatement confortable. Sans oublier le généreux espace laissé aux passagers arrière.

Étoile polaire

Sous le capot, la S60 est la première Volvo à être commercialisée sans aucun moteur diesel. Ce sont des blocs hybrides qui prennent la main pour mieux répondre aux injonctions de notre époque. Deux motorisations hybrides rechargeables à transmission intégrale, déjà présentes sur la V60, font leur apparition : la T6 de 340 ch associant un 4-cylindres 2 l turbo avant à un moteur électrique arrière et à un alterno-démarreur, et la T8 de 390 ch basée sur le même système dont le bloc thermique est aussi doté d’un compresseur. La boîte automatique à huit rapports est de série.

Une S60 T8 Polestar Engineered de 415 ch, retravaillée par Polestar, viendra chapeauter, un peu plus tard, la gamme. Les blocs essence T5, ainsi qu’une version non électrifiée du T6 sont également disponibles au catalogue. Autant dire que la S60 ne trahit pas ses ambitions de routières et s’avère, quelle que soit la motorisation retenue, diablement efficace, dynamique et confortable… à condition d’y mettre le prix. À 39 630 € en entrée de gamme – soit 4 000 € de plus que la précédente génération –, la S60 fait payer un peu cher sa propension à flirter avec la perfection. On est une étoile polaire ou on ne l’est pas !