Volkswagen Golf 8, retour dans l’arène

Quand vous vendez plus de 35 millions d’exemplaires d’un même modèle, il est compréhensible que vous vous y preniez à deux fois avant d’entreprendre des changements radicaux dans la formule. La Golf 8, la reine des berlines, revient sur le devant de la scène forte d’une recette qui ne varie pas. Est-ce suffisant aujourd’hui pour conserver son trône ?

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Comme les taxes locales ou le début d’une nouvelle saison de football, le retour d’une nouvelle génération de Golf entraîne toujours la même réaction : déjà ? La berline semble toujours arriver plus tôt que prévu. Il en va ainsi depuis 1974, date de sa première sortie altière. Les chiffres donnent le vertige : Volkswagen a écoulé 35 millions d’exemplaires de sa berline star et il se vend une Golf toutes les quarante secondes… De quoi mettre une certaine pression sur les épaules des designers lorsqu’est venu le temps de passer sur la table d’opération. La chirurgie a en effet plutôt intérêt à ne pas être trop intrusive, afin de ne pas dénaturer une formule magique qui a fait ses preuves depuis près d’un demi-siècle. Rien ne ressemble plus à une Golf qu’une nouvelle Golf. Ce vieil adage, qui peut s’appliquer à la plupart des productions allemandes entrées dans le grand livre des classiques de l’automobile, n’a jamais été aussi pertinent qu’avec cette huitième génération. Celle qui fera la pluie et le beau temps en 2020, au gré des sorties de ses différentes déclinaisons, a choisi de ne pas faire dans l’excentricité, au risque de perdre un peu de son caractère.

Illusion d’optique

Pourtant, les changements sont bien plus importants que ne peut le laisser penser la nouvelle silhouette, finalement assez proche de l’ancienne. VW a conservé les lignes de l’ancien modèle en apportant juste assez de retouches cosmétiques pour la rendre plus aérienne au sens propre comme au figuré. L’aérodynamisme a été retravaillé en profondeur pour réduire la consommation de carburant ainsi que les bruits de frottement. La longueur totale a légèrement augmenté (2 cm), mais les proportions sont quasiment les mêmes qu’auparavant. Mention spéciale aux optiques et aux phares qui modernisent l’apparence. Le système de LED matricielles hérité de chez Audi et du Touareg est désormais disponible sur la berline. Ce système adaptatif permet d’éclairer les panneaux et les virages sans éblouir les autres usagers. Même si cette génération MK8 reprend la plateforme technologique de la septième édition (MK7), tous les panneaux sont inédits, donnant à la Golf 8 un supplément d’âme et une carrure un peu plus statutaire qui la rapproche de l’élégante Arteon.

À l’intérieur, la révolution est d’ampleur. Volkswagen a dit adieu à l’agencement traditionnel de sa planche de bord et a fait table rase du passé. Si vous êtes allergique au tactile, vous serez servi ! Les commandes manuelles ont disparu au profit d’une instrumentation digitale, d’un vaste écran et de quelques pavés tactiles. L’ensemble est flatteur à l’œil, mais il faudra un temps d’adaptation pour trouver ses marques. Le système est tout de même remarquablement pensé, intégrant les dernières technologies d’info-divertissement et d’aide à la conduite. Pour circuler entre les menus, il n’est même plus besoin de toucher l’écran, un simple geste devant la zone choisie suffit. Ça ne marche pas à tous les coups, mais la commande vocale est là pour pallier les petits dysfonctionnements. La Golf 8 étrenne le système Car2x qui lui permettra de communiquer avec d’autres véhicules. L’ambiance lumineuse se décline en 32 coloris et intensités, tandis que le laquage de la planche de bord rappelle les revêtements utilisés pour les pianos. L’intérieur est une franche réussite. L’habitabilité est toujours le point fort de la Golf, tandis que le coffre gagne un peu en volume, pour atteindre 380 l.

Sacrés moteurs

Lors du lancement au mois de mars, le moteur essence 1,5 TSI 130 sera épaulé par le e-TSI 150 ch qui inaugure une micro-hybridation inédite. Volkswagen a opté ici pour une batterie de 48 V, capable d’augmenter la récupération d’énergie de manière importante. Les recharges peuvent aller jusqu’à 15 kW. C’est 12 ch de plus apportés au 4-cylindres. Côté diesel, on retrouve l’infatigable 2 l TDI en 115 et 150 ch, dotés de la nouvelle réduction catalytique Twindosing abaissant les rejets de Nox de 80 %. Plus tard dans l’année, les versions hybrides rechargeables viendront renforcer cette offre déjà pléthorique avec 204 et 245 ch pour la GTE. La grille tarifaire n’a pas encore été entièrement révélée, mais il faudra compter environ 30 000 € pour un modèle essence TSI 150 bien équipé et environ autant pour un diesel. La Golf 8 ne fait ainsi pas dans l’esbroufe du style, quitte à perdre un peu en identité, mais l’évolution technologique est d’ampleur.