Virginie Lacan, Pour la liberté

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Avec sa complice Hélène Sempé, l’Haguenovienne Virginie Lacan, 44 ans, maman de deux enfants, n’en finit plus de courir, de grimper, de pédaler. Après le Raid Amazones qu’elles ont brillamment remporté en 2016, et le Finland Trophy (5e place), il y a quelques jours, le tandem a participé au Croatia Island Trophy aux côtés de Laure Manaudou la marraine et participante du raid. Elles sont même montées sur le podium avec une troisième place méritée. Qu’est-ce qui fait courir la jolie brune d’Alsace du Nord ? Le plaisir et la bonne cause, car l’aventure permet de récolter des fonds pour des associations. Pour la Croatie, c’est Mécénat chirurgie cardiaque qui a été soutenue par les deux femmes. Rencontre, les jambes flageolantes de fatigue, mais aussi de joie, avec Virginie Lacan du duo « In 2 The Wild ».

Pour commencer, à quel moment est né « In 2 The Wild » ?

Je ne calcule jamais rien. Je travaille dans la communication depuis toujours, et, après un passage récent d’un an dans l’hôtellerie (dans la relation client), je suis finalement revenu dans la com, dans une autre agence. J’ai vécu une grosse période de remise en question personnelle et professionnelle. Pendant cette période, le tandem « In 2 The Wild » est né.

Vous n’étiez pas forcément une fille sportive ?

C’est vrai, mais je me suis mis à courir après la naissance de ma deuxième fille, il y a 9 ans. D’abord très longtemps toute seule. En 2016, je me suis finalement inscrite dans un club et j’ai trouvé une cadence, un rythme, j’ai progressé. C’est devenu une vraie passion, un équilibre. On a trois piliers dans la vie, la vie perso, la vie pro et un autre élément. C’est comme un triangle vertueux, qui, à un moment, a complètement périclité. Mais aujourd’hui, le sport a repris sa place et le triangle s’anime bien.

D’où est venue l’envie de faire un raid ?

Cela faisait cinq ans que j’avais envie de faire un raid avec mes copines. Pendant quatre ans, je me suis inscrite pour le Raid Amazones, mais je ne trouvais personne pour s’engager avec moi. En 2016, Hélène, avec qui j’ai travaillé dans ma première agence, a décidé de tenter l’aventure, ce fameux raid en Californie. Nous avons trouvé des sponsors, on s’est entraînées, mais il fallait donner du sens à tout ça, pas seulement se faire plaisir. Nous avons décidé de soutenir la Fondation Sonnenhof à Bischwiller qui prend en charge les enfants et des adultes handicapés.

C’était du VTT, du canoé, de la course, du tir à l’arc, pendant six jours, et vous avez même gagné…

C’est incroyable. Je ne sais pas ce qui s’est passé. On ne s’attendait à rien. Notre victoire nous a permis de gagner un peu d’argent pour la Fondation Sonnenhof, à qui nous avons versé 2000 euros. On a eu envie de continuer avec le premier raid polaire, en janvier en Finlande. Cette fois on a soutenu l’association La main du cœur et on a versé 1500 euros. Pour la Croatie, nous avions déjà récolté une très belle somme avant le départ pour Mécénat chirurgie cardiaque.

Le sport, les raids sportifs, ont changé votre vie ?

Je ne sais pas. Ce sont des bulles d’air, des bulles d’oxygène dans le quotidien, c’est un moment à soi, ou tu te retires, ou tu rencontres des gens avec des parcours incroyables.

Vous avez vécu à Drusenheim, quels sont vos souvenirs ?

Les balades à vélo le soir avec les copains, des instants où il ne pouvait rien nous arriver, la vie de village, une période d’insouciance. C’est peut-être ce que je retrouve dans les raids, une forme de liberté.