Vincent Lehoux, Culture qualité

Né en Alsace, mais installé à Paris, il travaillait dans l’industrie du cinéma quand il est tombé amoureux d’une Haguenovienne qui est devenue son épouse. Vincent Lehoux est revenu dans sa région natale et travaille maintenant pour Arte. Adjoint à la culture de Claude Sturni depuis mars, il est satisfait et soulagé d’avoir lancé, avec toute l’équipe d’Éric Wolff, la saison culturelle. Avec lui, l’entretien est forcément chaleureux et de qualité.

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Pour commencer, un mot sur votre parcours !

Depuis tout petit je suis passionné par l’audiovisuel, par la fabrication, la démystification et le charme des images. J’ai eu des parents pas forcément fortunés qui m’ont aidé très tôt à faire de la photographie ou du cinéma en super 8. J’ai toujours mené cette trajectoire. Le bac en poche, j’ai fait une université à Paris dans les arts et j’ai participé à des courts-métrages, puis du montage et de l’écriture. J’ai travaillé chez des distributeurs d’équipement professionnel, de caméra de plateau pour le cinéma. Et puis, j’ai migré dans l’industrie technique du cinéma où je suis devenu une sorte de spécialiste de la qualité pour un gros laboratoire français comme Éclair. À l’époque, on avait besoin de pellicules, de photochimie. J’étais spécialisé dans la remastérisation des films du patrimoine mondial. Aujourd’hui, je travaille pour Arte, je fais du contrôle qualité.

Et vous êtes adjoint aux affaires culturelles à Haguenau. C’est un engagement important pour vous ?

Oui, dès mon arrivée j’ai aimé Haguenau. J’ai senti que les gens étaient très généreux et j’ai construit des relations affectives fortes ici. Et puis, quoi de plus magique que de s’inscrire dans la vie de la cité ? Je trouve que la réussite de la ville est assez impressionnante, il y a un sentiment de cohésion sociale et culturelle que l’on ne retrouve pas forcément ailleurs.

Êtes-vous satisfait du lancement de la saison culturelle ?

Tout s’est très bien passé, les critères sanitaires ont permis de répondre à une demande forte et le principe de porter le masque en permanence nous permettait d’utiliser la jauge complète du Théâtre. Le public a répondu présent les deux soirs malgré la question de la distanciation sociale. Les abonnements sont partis très fort. En fait, on s’adapte sans cesse, et on joue sur l’efficacité. Les soirs du lancement, les gens complétaient leurs demandes dans la file et repartaient immédiatement, nous avons eu une efficacité nouvelle.

C’était votre premier lancement en tant qu’adjoint à la culture. Aviez-vous la pression ?

Isabelle Deutschmann a fait deux mandats, je suis parti du principe que tant qu’à monter sur scène autant le faire ensemble, pour une sorte de passation avec chacun notre petit mot. C’était un joli moment d’émotion. C’était chouette de le faire comme ça. J’avais un peu le trac, mais monter sur scène n’est pas ma plus grande angoisse, je le sais maintenant. Dans cette soirée, il y avait un spectacle loufoque et déconnant, qui jouait avec les règles de l’absurdité du monde moderne et c’était un parfait détonateur, parce que nous vivons des choses absurdes avec le confinement, le déconfinement, le masque ou pas le masque, c’était un très bon défoulement. Je crois que tout cela a été très bien perçu par le public.

C’est une saison qui reste fidèle à la ligne de conduite de la culture à Haguenau, quelque chose de populaire et d’exigeant à la fois ?

Oui, il y a forcément une certaine exigence, mais sans jamais oublier qu’un spectacle doit être accessible. Ce n’est pas parce qu’on est sur une scène de théâtre à l’italienne que l’on ne doit pas envisager toutes formes de spectacles, c’est la vision d’Éric Wolff, le directeur, et nous la partageons. Il y a des nouveautés cette saison, mais nous avons reprogrammé des artistes, c’est bien de montrer que nous sommes fidèles à nos engagements. Au niveau de la jeunesse, nous proposons une programmation plus large avec des spectacles qui peuvent tourner sur tout le territoire de l’Agglomération, à des dates qui se suivent sur Brumath, Schweighouse et Bischwiller par exemple. C’est une tendance que l’on pense développer.