Foire Européenne : Vanessa Loth Martino, « Il fallait que l’on prenne ce risque »

La crise sanitaire a conduit à l’annulation ou au report de toutes les foires de France, mais jusqu’au 14 septembre, la 88e édition de la Foire européenne de Strasbourg est la première à se tenir dans ce contexte inédit. Rencontre avec Vanessa Loth Martino, responsable marketing et communication de Strasbourg Événements depuis 2017. Ce rassemblement du territoire présenté comme le symbole de la reprise économique est un grand défi à relever pour les organisateurs.

0
157

À quel point les mesures sanitaires ont compliqué l’organisation de la Foire ?

Au-delà du dispositif classique, nous demandons aux visiteurs leurs coordonnées, comme l’a souhaité l’ARS. Nous avons installé des sens de circulation, des portiques de désinfection à l’ozone, les visiteurs entrent dans un petit tunnel où ils sont désinfectés sans danger et sans risque d’allergie. Il y a aussi le paiement sans contact. Pour notre objectif « zéro papier », nous avons développé une application qui permet de retrouver tous les exposants et de préparer sa visite.

Vous avez travaillé avec la préfecture et les services de l’ARS pour élaborer un protocole ?

Oui, et c’est certainement un exemple. Il n’y a pas de souci pour venir à la Foire européenne, toutes les recommandations ont été respectées. On peut rappeler qu’elle ne peut se tenir qu’avec 5000 personnes à l’instant T, que des contrôles à l’entrée et à la sortie garantissent ce chiffre. Du gel hydroalcoolique est disponible un peu partout. Et puis, comme dans Strasbourg, le port du masque est obligatoire.

Comment les exposants ont-ils réagi ?

Ils sont plutôt contents. Certains jouent sept à huit mois de commandes sur la Foire. Il était très important qu’elle ait lieu et que les conditions soient réunies pour qu’ils réalisent leur chiffre d’affaires. Concernant les mesures sanitaires, ils jouent le jeu, de la même façon que les visiteurs.

Cette année, la Foire accueille trois cents exposants, c’est moins que d’habitude.

Oui, habituellement nous sommes plutôt autour de cinq cents. C’est une foire différente, mais il faut aussi que l’on montre qu’il est possible de vivre avec le Covid, que l’on peut continuer à avoir une vie normale, même avec des mesures barrières importantes.

Du coup, avez-vous renforcé l’offre
locale ?

En fait, nous avons plusieurs types d’exposants : il y a les spécialistes qui font toutes les foires de France, il y a les exposants locaux qui achètent une vitrine, une visibilité pour aller à la rencontre de leurs futurs clients, et il y a les nouveaux qui n’étaient jamais venus et pour qui la Foire est une occasion unique de lancer un produit. Cette année, il y a encore des start-ups, de nouveaux concepts, et c’est très chouette de participer à ça.

Pour Strasbourg Événements qui organise la Foire, c’est un risque important ?

C’est un risque qui vaut la peine d’être pris. Strasbourg Évènements est aussi une société qui accueille des manifestations et des salons, si nous ne prenons pas de risques, comment pouvons-nous l’expliquer aux organisateurs ? Comment donne-t-on confiance à nos partenaires pour qu’ils prennent eux aussi le risque de venir à Strasbourg ? Il fallait le faire, pour la filière, pour les exposants, pour le territoire, car Strasbourg doit rayonner, même dans ce contexte.