Un vivier de rappeurs prometteurs

Ils ont entre 20 et 30 ans. Leur truc à eux, c’est le rap. KTS, Axl, ou Lem’s écrivent, composent et enregistrent leurs sons dans un local aménagé par un ami à « Wiss », la commune qu’ils représentent à travers leurs textes.

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Axl rappe depuis ses 11 ans ©AXLOMIC

Ils prouvent que le rap n’est pas qu’associé aux quartiers des grandes cités. À Wissembourg, KTS, Axl Lem’s forment ce vivier d’artistes qui placent leur ville sur la carte du rap alsacien. Bienvenue à « Wiss City Gang », ville de plus de 7.000 habitants où les constats que dressent les rappeurs sont les mêmes qu’ailleurs en France.

« On est autant légitimes dans nos propos que des frères de Seine-Saint-Denis », estime KTS, 25 ans. « On parle de souffrance et de misère, d’inégalités sociales. Des sujets qui touchent pas mal de personnes de tous horizons confondus », poursuit-il. En avril, KTS a sorti une reprise du morceau « Homme de l’ombre », un titre du groupe Lunatic, dont est issu le rappeur Booba. Sur internet, cette cover a atteint les 15.000 vues et a été repartagée de nombreuses fois. Un joli coup pour une production réalisée sans grands moyens et sans campagne de presse.

A 25 ans, KTS (assis) prépare actuellement un projet. ©KTS

« Tout faire soi-même est une force obligatoire ici »

S’ils dédicacent leur ville dans leurs textes, les rappeurs pointent le manque de structures culturelles pour les jeunes à Wissembourg. « Ici, le rap est inexistant, ce n’est pas ce style de musique que la ville veut mettre en avant », analyse Axl.

Originaire du Congo-Brazzaville, l’artiste de 26 ans rappe son adoption et le racisme auquel il est toujours confronté. Lui qui a débuté le rap à 11 ans se souvient des rares scènes qu’il a pu faire : « c’était au lycée Stanislas, les Stani Live. Dix minutes de scène et c’est tout ». On a commencé à rapper dans la chambre d’un pote, avec son propre matériel », se souvient de son côté Lem’s.

Amateurs, débrouillards et entrepreneurs les rappeurs wissembourgeois enregistrent leurs sons chez Ulca Prod, un studio quasi professionnel monté avec les moyens du bord par Yohan, un passionné de son, dans la zone industrielle. KTS conclut : « Faire tout soi-même, c’est une force obligatoire ici ».   

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