Toyota GR Supra : l’histoire d’une passion

Annoncée depuis 2007, préfigurée sous forme de concept en 2014, c’est peu dire que la nouvelle génération de la mythique Supra a su se faire désirer. Née d’un partenariat renforcé avec BMW, la dernière héritière de l’illustre lignée, après avoir été présentée aux États-Unis, là où elle fut dessinée, fait sa première véritable sortie européenne à Genève. L’occasion d’approcher la diva d’un peu plus près.

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Nous sommes en 1967. Toyota lance à la face du monde automobile la 2000 GT, appelée à demeurer éternellement dans la légende de l’histoire carrossée. 

Onze ans plus tard, c’est au tour de la Supra de dévorer l’asphalte, avant une seconde génération qui, produite à partir de 1981, marquera également son époque au fer d’un rouge aussi profond que sa robe. En 2002, la Supra enfonce le clou en devenant, notamment, la grande star du premier opus de la saga Fast and Furious. Le modèle qui a crevé l’écran a d’ailleurs été vendu quelque 160 000 € à un collectionneur avisé. Depuis, le constructeur nippon se fait désirer et ménage un suspens intenable. 

Dès 2007, une nouvelle Supra est annoncée. Sept ans plus tard, toujours sans nouvelles, les fans découvrent, transis et anxieux, un concept censé préfigurer ce fameux nouveau modèle. Mais ce n’est qu’à partir de l’année dernière que la belle commence réellement à se dévoiler. Entre-temps, Toyota a signé un partenariat renforcé avec BMW. La firme bavaroise s’occupe de la conception du châssis et de la production du moteur de la GT, qui sévissent également sur… la nouvelle BMW Z4. En échange, le constructeur allemand héritera d’une motorisation hybride, grande spécialité de Toyota, à bon prix.

La plus séduisante des GT

Le deal était cependant clair : si BMW s’occupe de l’ensemble de la base technique, le reste de la conception et de l’assemblage laisse une entière liberté aux ingénieurs dans la finalisation de leurs modèles respectifs. Ainsi, la Toyota Supra qui s’apprête à prendre la route est baptisée « GR », pour « Gazoo Racing », du nom du département sport de Toyota, à la manœuvre dans toutes les compétitions automobiles où est engagé le constructeur.

Pour bien mesurer l’aura d’une telle voiture, il faut se rappeler qu’elle est l’une des rares à avoir intégré le jeu Gran Turismo à l’état de concept. Mieux, le tout premier exemplaire sorti des chaînes de production autrichiennes, les mêmes que celles de la Z4, a été vendu aux enchères pour la modique somme de 2,1 millions de dollars (un peu moins de 2 millions d’euros).

La belle s’élance sur 4,38 m et repose sur un empattement relativement court de 2,47 m. Des dimensions qui la rapprochent d’une Porsche 911, même si les styles diffèrent radicalement. Le vaste avant de la Supra lui donne des airs de grand rapace élancé prêt à fondre sur ses proies. L’aspect compact de l’arrière renforce cette sidérante impression de mouvement. La GR Supra apparaît solide sur ses appuis et très sûre de son élégante sportivité. Celle qui est considérée comme la plus grande des GT de l’Histoire prouve que Toyota, concentré sur ses Prius et autres Yaris, sait toujours faire des voitures à très fort caractère.

L’intérieur est également une franche réussite, mêlant avec justesse et sans ostentation carbone, acier et cuir. L’ADN sportif, marqué par les inserts spécifiques, est bien présent, mais jamais surjoué. La nouvelle Supra profite de cette renaissance pour embrasser les nouvelles technologies. Un vaste écran plat fait son apparition, déporté au-dessus d’une console centrale volontairement très horizontale. L’affichage tête haut est également de rigueur comme pour mieux insister sur la modernité de l’équipement. Climatisation automatique bizone, régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop&Go, accès et démarrage sans clé, phares adaptatifs, caméra de recul, sièges chauffants, connectivité Bluetooth, moniteur d’angle mort, avertisseur de changement de voie, avertisseur de circulation et de collision arrière ou encore radars de stationnement avec fonction de freinage automatique sont au programme d’un menu qui débute à 65 900 €.

Sacrée diablesse !

BMW a respecté sa part du contrat en offrant au duo Z4/Supra un redoutable 6-cylindres 3 l développant 340 ch et délivrant 500 Nm de couple. On est encore loin de la Nissan GTR et de ses 570 ch, mais on peut faire confiance à Toyota et à BMW pour tirer le meilleur parti de cette solide base.

C’est une boîte automatique à huit rapports avec palettes au volant qui assure la transmission aux roues arrière. Le train roulant peut compter sur un différentiel actif d’une suspension adaptative, sur les excellentes montes Michelin Pilot Super Sport et sur des freins Brembo avec étriers à quatre pistons. Avec ses 1 495 kg sur la balance, la Supra est capable de dévorer le 0 à 100 km/h en 4,3 s. Le pilote a été volontairement placé au plus près de la mécanique pour des sensations pures. La GR Supra soigne donc sa légende avec un comportement bouillonnant.

Les premières livraisons débuteront à la fin de l’année… et les amateurs devront jouer des coudes : seuls 1 000 exemplaires sont pour le moment prévus pour l’Europe et il faudra attendre 2021 pour la suite de la production. On est une diva ou on ne l’est pas !