Thomas Cronimus, MOF pour la vie

Né il y a 45 ans dans une famille de peintre, Thomas Cronimus a créé sa société en 2011. À Hoerdt, Toma peinture emploi sept personnes, pratiquement toutes issues de son apprentissage, un signe fort. Il y a quelques semaines, Thomas a réalisé son rêve, il porte désormais le col bleu-blanc-rouge de meilleur ouvrier de France, symbole d’excellence, d’envie et de passion. Dans son cas, on peut ajouter l’authenticité. La «perf» est remarquable, car en France, il n’existe que dix MOF Peintre-Décorateur en activité. Rencontre avec Thomas Cronimus, devant son œuvre.

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Vous dites que vous avez créé votre entreprise pour faire de la peinture autrement, c’est à dire ?

Un peu comme avant, mais en mieux, car avant, les peintures étaient fabriquées avec des poisons comme le plomb, mais il se trouve que cela tenait bien… plus longtemps que les clients. Dans les années 60, mes prédécesseurs sont devenus des « ouvreurs de boîtes » qui ne préparaient plus les produits eux-mêmes, qui ne cherchaient plus les bonnes recettes, quand l’industrie est arrivée on a un peu perdu le métier. Moi, je veux revenir là-dessus, je veux savoir ce qu’il y a dans le produit. Nous sommes éco responsable, nous traitons nos boues de lavage, nos eaux de lavage, nos pinceaux, ici en atelier, nos eaux rejetées sont propres. Peu d’entreprises le font, elles ne se rendent pas compte que nous avons emprunté notre planète, qu’elle n’est pas à nous.

C’est votre façon de respecter votre métier ?

Quand je me lève le matin, ce n’est pas pour me dire le soir en me couchant que j’ai fait de la merde. Nous sommes une petite société, très proche de ses clients, en Alsace, autour de Hoerdt, mais nous avons fait les verrières du Ritz à Paris, vous les avez vues dans Top Chef, les Parisiens ne savaient pas faire où ne se sont pas donné la peine de le faire. J’ai inventé ma méthode, entre le travail de carrossier et de peintre en bâtiment, on obtient des finitions imbattables.

Vous avez remporté la médaille de MOF à votre deuxième tentative, aujourd’hui, elle est autour de votre cou. Que ressentez-vous ?

La médaille, et le col… Je pense que je vais assumer de la porter. Mes prédécesseurs avaient peur de perdre leurs clients, car ils pourraient penser de l’on est devenu trop cher. C’est ultra faux. Pour revenir au concours, il fallait être dingue pour faire ça. Mais cela oblige à chercher ses limites et c’est important de donner envie aux jeunes de venir se former chez nous. C’était un vieux rêve, j’ai eu des formateurs qui étaient MOF, petit à petit l’idée a fait son chemin. Je me suis lancé, la première fois d’une manière un peu prétentieuse, j’ai fait quelque chose de bien, mais hors sujet… Vous savez, c’est comme le jeu des enfants, un carré, un rond et un triangle, on vous demande un carré, même si vous êtes le plus beau rond de l’univers, ça ne marche pas. Il faut s’adapter au concours. Cela veut dire beaucoup de choses, car j’ai travaillé 700 heures environ pour ça. Je n’ai pas fait les mêmes erreurs que la première fois et je me suis fait aider, quand j’ai raté, j’ai appris bien plus que quand j’ai réussi, mais faire ce concours, c’est presque inhumain.

Vous n’êtes plus le même homme ?

Si, je suis encore le même guignol, le même naze. Bon, avant j’étais déjà têtu quand je savais que j’avais raison, alors maintenant… Pendant deux ans, je n’ai pas vraiment dit que je travaillais pour ce concours, là, je peux le faire savoir et dire que je suis fier de moi.