Surblouses médicales : les couturières bénévoles ont besoin de matière première !

Rachel Schmitt, couturière alsacienne, s’est lancé dans la fabrication de surblouses lavables et imperméables pour le personnel hospitalier. Après un test concluant à l’hôpital de Saverne, l’équipe de couturières qu’elle a constituée est en recherche active de matière première pour continuer à produire et fournir les hôpitaux. Elle lance un appel pour trouver des rideaux de douches en tissu polyester, des alaises de lit ou du pul !

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L’équipe de réanimation de l’hôpital de Saverne porte les surblouses colorées de Rachel Schmitt. DR

Depuis quelques jours, une partie du personnel de l’hôpital de Saverne est équipé de surblouses lavables. Ces dernières ont été inventées et fabriquées par une couturière bénévole alsacienne, Rachel Schmitt.
Après les deux premières semaines du confinement, durant lesquelles la couturière de métier a été bien malade – « sans doute le Covid », précise-t-elle – elle réalise à quel point le manque de protection des soignants est grave et problématique.

Elle décide alors de se lancer dans la fabrication de surblouses réutilisables pour le personnel soignant. « Fabriquer des surblouses jetables aurait représenté un travail encore plus immense », dit-elle, « je savais qu’il existait des matières étanches et lavables, mais il me fallait les trouver pendant le confinement ! »

Dans l’immédiat, elle lance un appel aux fournisseurs de tissus. Mais seul un, « Self tissus » à Vendenheim, y a répondu. « Ils m’ont donné tout leur stock de pul, le tissu imperméable dont j’ai besoin pour ces créations ». Avec ce don, Rachel a travaillé pendant 26h non-stop, pour coudre 15 surblouses, soit 28m de tissus ! « Je terminais ce travail à 18h10, et à 18h23 le gendarme était là pour récupérer les surblouses », souffle-t-elle.

30 couturières prêtes à se lancer

Et c’est aussi un travail de recherches. « Il faut coudre sans épingle pour ne pas couper l’étanchéité du tissu ! »

Après des tests concluants, les surblouses de Rachel ont été validées par l’hôpital de Saverne. « Elles sont imperméables, lavables à 60° et sèches en 3H », se réjouit-elle. Désormais, pour pouvoir approvisionner les hôpitaux du secteur, Rachel a réuni (à distance), une équipe de près de 30 couturières, notamment du Théâtre National de Strasbourg, où Rachel est intermittente. Toutes sont prêtes à se lancer dans la confection de ce matériel.

Un appel aux hypermarchés, magasins d’ameublement et fournisseurs de tissus 

Mais pour pouvoir produire, les couturières ont besoin de matière première ! Pour l’instant, elles en manquent cruellement. « Nous avons besoin de pul, de rideaux de douche en textile polyester (et non en plastique), ou encore d’alaise de lits avec un côté plastifié (pas de draps housse) ».

La nièce de Rachel, Sophia, 15 ans seulement, démarche depuis plusieurs jours les magasins susceptibles de leur en fournir : fournisseurs de tissus, magasins de décoration ou d’ameublement, hypermarchés…

Leroy Merlin a déjà répondu favorablement à l’appel. Mais le temps presse. « Le personnel soignant prend des risques chaque jour pour nous, il faut les protéger! »

Si vous disposez de pul, de rideaux de douche en textile polyester (et non en plastique), ou d’alaises de lits avec un côté plastifié, contactez Rachel Schmitt à cette adresse : aupaysdumaennele@gmail.com