Sous les radars du fisc : les revenus cachés des influenceurs

Deux scandales financiers bousculent depuis peu le microcosme des créateurs de contenu sur Internet. S’ils ne sont pas liés, ils relèvent de la même tendance : des stars d’Internet qui profitent de l’âge et de la crédulité de leur public pour contourner les lois et se faire plus d’argent.

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Les influenceurs sont plus d’un quart à cacher leurs partenariats / ©Kolsquare

La fraude n’épargne plus le web et ça commence à se voir. Dernier chiffre en date : plus d’un quart (26,6 %) des créateurs de contenus sur les réseaux sociaux feraient en sorte qu’on ne puisse pas identifier clairement leurs partenariats sponsorisés. En clair : des stars payées pour refourguer certains produits à leurs abonnés ni vu ni connu, avec parfois des chèques de plusieurs dizaines de milliers d’euros à la clé. Une pratique illégale, dont les proportions ont été révélées il y a un mois par l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP). Dans certains cas, les publicités présentées sont de surcroît illégales, car elles concernent des produits ou services dont la promotion est interdite pour les mineurs dans l’hexagone (comme la cigarette électronique, les casinos en ligne et la chirurgie esthétique), avec, pourtant « des audiences souvent très jeunes », comme le note Mohamed Mansouri, directeur délégué de l’ARPP.

La rançon des publications sponsorisées

Depuis 2007, l’ARPP considère que « dès lors qu’un créateur s’engage à publier un contenu pour une marque en échange d’une contrepartie (en argent ou en produits), on rentre dans le cadre d’une collaboration commerciale ». En France, les contrevenants risquent pourtant jusqu’à deux ans d’emprisonnement et jusqu’à 300 000 euros d’amende pour pratique commerciale trompeuse. Dans les faits, ces amendes ne sont presque jamais appliquées, faisant planer une forme d’impunité et d’omerta sur la pratique. Le régulateur, lui, souhaiterait que l’identification des partenariats soit davantage explicite, via des mots-clés clairs (#partenariat, #sponsoring) et dont la visibilité ne serait pas laissée à l’appréciation des créateurs.

L’évasion fiscale décomplexée

Mais ce n’est pas le seul problème pointé du doigt par les autorités. En plein scandale des « Pandora Papers » (révélations qui ont mis à jour la longue liste des personnalités politiques mondiales pratiquant l’évasion fiscale), les réseaux sociaux connaissent un phénomène semblable à moindre échelle: la migration de stars de Twitch et de YouTube vers des paradis fiscaux ; Malte et Dubaï en première ligne. Afin de payer moins d’impôts en France, les candidats de télé-réalité, joueurs de jeux vidéo et Youtubeurs « life-style » sont de plus en plus nombreux à déménager. Un sujet très tendu sur Internet, et dont le fisc français ne s’est, là encore, toujours pas occupé…

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