Sophie Peuckert : l’anthèse de Blüeme

Sophie Peuckert, gérante de la Brasserie Blüeme à Alteckendorf, est née à Strasbourg en 1992. Elle fait des études pour devenir graphiste, mais quand elle découvre sa voie, elle se lance, devient brasseuse et crée « Blüeme », qui signifie fleurs en alsacien. Le lien avec la nature est une priorité pour cette jeune brasserie artisanale, locale et bio, qui va vite s’agrandir, mais pas trop.

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Sophie Peuckert

Comment êtes-vous devenue brasseuse ?

J’ai tenté le graphisme, mais je galérais pour trouver des contrats. Un jour, un ami me demande de lui donner un coup de main sur un événement autour de la bière. J’ai pu discuter avec différents brasseurs, découvrir leur métier, et tout m’est apparu comme une évidence, j’ai eu envie d’apprendre et de connaître ce métier. Pendant deux mois, je suis allée sur des sites et j’ai décidé de me lancer. Il n’y en a pas beaucoup en France, mais j’ai fait une petite formation. Ma brasserie en est à sa première année d’existence et la ferme d’Alteckendorf est en travaux d’aménagements, ils progressent bien. J’espère que mon local sera prêt pour le mois de janvier, alors pour le moment, je sous-loue des brasseries, je fais du brassage itinérant. 

Parlez-nous de vos bières.

Ma volonté première est de créer des bières savoureuses, naturelles, de mêler l’herboristerie aux ingrédients de la bière (malt, houblon, eau). Que ce soient des fleurs, plantes, fruits et légumes oubliés, pas comme une bière à la cerise un petit peu trop sucrée avec un peu trop de produits chimiques ou d’arômes, c’est vraiment un parti pris très fort, je déteste les bières sucrées. En fait, je brasse ce que j’aime, sinon je n’arrive pas à les vendre. Personne ne peut y croire si je n’y crois pas moi-même. Je fais une bière au thé vert matcha (et cela vient des Jardins de Gaïa), c’est la première, elle n’a pas de nom, c’est un peu la signature de la brasserie. Sinon il y a La Tilia et sa saveur tilleul.

C’est un pari un petit peu fou que vous avez tenté là ?

Oui, c’est un pari un peu fou, c’est aussi un petit peu à la mode, c’est vrai, mais je considère que si l’on a des envies et des projets, il faut y aller. Si je ne le fais pas maintenant, je ne sais pas si je pourrais le faire plus tard, je n’ai pas envie d’avoir des regrets, donc j’y vais à fond.

L’objectif est de rester petit et concentré sur les produits locaux 

Quelles sont vos ambitions ?

Je n’ai pas encore eu le temps de penser très loin… On va dire que dans un futur proche, d’ici deux ans, j’aimerais bien agrandir et si possible embaucher quelqu’un, après, je n’aimerais pas arriver à un stade où l’on ne sait plus si c’est artisanal ou industriel, je ne cherche pas à devenir Meteor. L’objectif est de rester petit et concentré sur les produits et les matières premières, sur les produits locaux.

Depuis avril, vous avez produit quelques fûts ?

Oui, pour quelques événements privés ou des fêtes de la bière, en tireuse ou en bouteille. J’étais au marché des terroirs à Haguenau début juillet, et aussi à la soirée de lancement du bar médiéval du centre-ville, la semaine dernière. Je suis en pleine période de financement participatif, pour finir d’équiper mon local et m’installer enfin chez moi. À ce jour, il y a 43 contributeurs et le financement a déjà atteint 25%. Il se termine début octobre.

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