Saada Riber, Un temps pour tout.

Née à Djibouti en 1980, elle est recueillie par une famille française du Haut-Rhin qui s’installe à Brumath à la fin des années 70, une famille qui a adopté cinq enfants au total. Après une carrière de mannequin, depuis quelques années, Saada est la présentatrice météo de la chaîne de télévision alsacienne Alsace 20 qui vient de fêter ses 10 ans.

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Présentatrice télé, ce n’était pas prévu à votre programme ?

Au départ, je voulais être infirmière, mais je me suis vite rendu compte, en faisant des stages, que ça ne me convenait pas. Pas assez de passion pour faire ce métier. Du coup, j’ai commencé par faire des photos et je suis partie en Suisse pour travailler dans la boutique Hermès de la station de ski de Crans-Montana, j’avais
20 ans. Quatre ans plus tard, je suis revenue en Alsace et j’ai continué à travailler dans des boutiques de vêtements. Je suis présentatrice météo sur Alsace 20 depuis 2011. Après une coupure de 4 ans, j’ai repris en 2017. Entre temps, j’ai tenté de vivre et de travailler à Paris, mais j’ai compris très vite que ce n’était pas pour moi, c’est trop compliqué, il faut se vendre, il faut surjouer, je déteste ça. Il faut plaire aux gens, beaucoup plus qu’en Alsace, et ce n’est pas mon truc. Quand je n’aime pas, je n’aime pas, je le dis et j’avance plus vite. J’ai la chance de travailler avec une équipe très sympa, je me plais beaucoup à Alsace 20. J’ai aussi des projets.

Et vous avez poursuivi une carrière de mannequin ?

Oui, j’ai commencé à 16 ans, mais comme mes parents n’étaient pas trop d’accord, j’ai attendu mes 18 ans pour faire les choses de manière professionnelle. Ce n’est pas un métier qui me correspondait forcément, mais ça me permettait de gagner un peu d’argent. J’ai eu quelques contrats sympas, comme celui avec la marque Kookaï. J’y suis allée, mais sans conviction, en fait.

Qu’est-ce qui vous passionne dans la vie ?

L’architecture et la lecture, je lis beaucoup de livres d’auteurs très différents, c’est ma mère qui m’a transmis cette passion. J’essaye de transmettre cela à mes enfants. J’ai lu récemment le livre de Tina Kieffer qui elle aussi a adopté une petite fille, d’un pays d’Asie.

Comment vous sentez-vous dans la France d’aujourd’hui ?

Je me sens bien, mais pas toujours à ma place. Je me rends compte que je fonctionne un petit peu à l’ancienne, par exemple je n’ai pas de compte Facebook, j’ai arrêté, cela ne sert à rien. Les gens que j’aime, je les vois.

Êtes-vous une femme libre ?

Oui. J’ai toujours fait ce que je voulais, j’ai surtout eu des contraintes quand j’étais en couple. Je veux rester libre, détendue, calme. Je réfléchis beaucoup, je parle peu, j’ai toujours été comme ça.

Vous avez passé votre enfance à Brumath, vous avez forcément beaucoup de beaux souvenirs ?

Oui, quand je passe près de chez mes parents qui y vivent toujours, il y a cette odeur particulière qui date de l’enfance. J’adore la retrouver. Je les ai arpentés ces rues avec mes frères, à vélo ou à pied. Il y a un endroit que j’aimais beaucoup quand j’étais enfant qui n’est plus comme avant, c’est le Parc du tilleul; à l’époque, il y avait plein d’arbres, j’adorais slalomer à vélo ou bien m’asseoir avec un livre ou un magazine, c’était mon havre de paix, parce qu’à la maison, il y avait toujours beaucoup de monde. C’est ça les familles nombreuses.