Roppenheim – Changer les mœurs avec des bouquets de fleurs

Les allées du centre de marques de Roppenheim seront parées de fleurs colorées et chuintantes jusqu’au 30 septembre : au gré du vent, les Sky-Flowers de l’artiste Pierre Estève attireront l’attention des badauds sur le recyclage du plastique.

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L’artiste Pierre Estève sous ses sky-flowers au centre de marques. / ©SB

« Allongez-vous sur un banc et regardez-les danser dans le vent… » Pierre Estève se plaît à répéter ce bon conseil aux visiteurs qui l’abordent, lui-même émerveillé par l’œuvre commandée pour fêter les 10 ans du Style outlets Roppenheim. « Les Sky-Flowers sont un travail in situ, explique-t-il, il a fallu attendre que les allées soient vides pour tout installer. Je suis plus habitué aux centres du patrimoine, ici c’est un lieu d’expérimentation, mon travail évolue. »

Et force est de constater que les quelque 250 fleurs de plastique qui ondulent, tournicotent et chantonnent sont une réussite. Quand le soleil est haut, leur ombre colorée est projetée au sol, et lorsqu’il décline, leur reflet naît dans les vitrines…

L’upcycling permet de questionner les gens

Pierre Estève, originaire de Cahors, raconte avoir « été élevé dans la nature, et vu le changement sur quelques dizaines d’années, avec la présence de bouteilles plastique dans les rivières, sur les plages ». D’artiste numérique et compositeur de musiques de jeux vidéo (comme la série Atlantis), son travail a pris « une dimension écologique, mais aussi humaine ». L’upcycling, ou valorisation des déchets, qu’il pratique est « un vecteur facilement compréhensible, et permet de questionner les gens, d’échanger des idées ». Lui-même s’est d’ailleurs interrogé sur sa place « dans le temple de la consommation », mais a conclu qu’à Roppenheim, « assez était fait pour ne pas trahir qui je suis ».

Parallèlement à ses Flowers of change® déjà exposées du Maroc à l’Autriche en passant par la région parisienne—une œuvre labellisée COP21 et COP 22—, Pierre Estève a sensibilisé petits et grands lors d’ateliers ouverts à tous. L’occasion de s’initier à l’art de transformer des bouteilles en fleurs, un coup de ciseaux par ci, un coup de fer à souder par là. Les bouteilles de lait, d’huile, d’eau pétillante ou de soda, tout y passe, y compris les bouchons qui servent de « graines multicolores dans le cœur de la fleur ».

Les Flower of change® pour la première fois dans le Grand Est. / ©SB

Œuvre collective

Si c’est une première dans le Grand Est, 6 000 « fleuristes du changement » ont déjà participé à plus de 300 ateliers à travers la planète, upcyclant ainsi 2 tonnes de plastique. « C’est une œuvre collective et un frisson personnel que de communiquer avec eux, une joie spontanée. » Christophe Girard, le directeur du centre de marque, les yeux dans les Sky-flowers, ne peut que confirmer cette idée de partage : « On a fait le choix d’une exposition accessible à tous, et qui sera vue par un million de visiteurs en six mois ».   

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