Réfugiés pendant le confinement : « C’est pas la guerre ! »

Pour la journée mondiale des réfugiés qui aura lieu le 20 juin, l’ARDAH organise la quatrième édition de « Place aux réfugiés » afin de sensibiliser le public aux problématiques de l’exil. Roselyne Iltis, vice-présidente, explique comment l’association a maintenu le lien avec des familles en demande d’asile pendant le confinement et comment les migrants ont traversé cette période particulière.

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Le confinement ? « C’est pas la guerre ! On a connu pire que ça ! ». Ce sont en substance les mots tenus par les réfugiés pris en charge par l’ARDAH (Accueil des Réfugiés et Demandeurs d’Asile à Haguenau). Des mots très éloignés de la déclaration d’Emmanuel Macron le 16 mars qui annonçait l’inverse.

« On pensait que leur confinement allait être problématique », se souvient Roselyne Iltis, vice-présidente de l’association. « Ils ont vécu la guerre, se sont cachés dans des caves, ont vécu dans des camps insalubres et dans des conditions beaucoup plus dramatiques », poursuit-elle, évoquant une famille syrienne actuellement hébergée dans un appartement de l’association. « Ils se sont davantage préoccupés de notre vécu de la situation », comme la distanciation sociale dans un pays où l’on est adepte de la bise pour se dire bonjour.

Et après le confinement ?

Pendant le confinement, les bénévoles de l’ARDAH ont rappelé aux familles les consignes sanitaires à respecter. « On s’appelait régulièrement, on leur faisait les courses, on a continué à les suivre pour l’administratif », détaille Roselyne Iltis. Des complications tout de même sur le suivi scolaire : « Certains enfants ont décroché. Les parents ne parlent pas français, il fallait comprendre les consignes des instituteurs, mais aussi une imprimante pour imprimer les cours ou les exercices ».

Et une angoisse : l’incertitude de trouver un emploi dans le contexte économique post-confinement qui s’annonce difficile, avec des démarches administratives plus longues à l’OFPRA (Office Française de Protection des Réfugiés et des Apatrides).

À l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, l’ARDAH organise le 20 juin une exposition du photographe Bruno Fert intitulée « Refuge », place du Maire Guntz. Des clichés pris dans la Jungle de Calais ou sur les bateaux de Médecins sans Frontières, qui montrent l’importance pour les migrants de recréer un chez soi, même sur la route de l’exil.

Informations pratiques : ARDAH – 7, rue Anselme / 67500 Haguenau

ardah901@gmail.com