Réfugiés à Haguenau : comprendre, sensibiliser, se rencontrer

C’est souvent en racontant son histoire que l’on permet aux autres de nous comprendre. Samedi 22 juin, l’ARDAH organise la troisième édition de « Place des Réfugiés. Alors raconte… » pour sensibiliser le grand public aux conditions d’exil et d’accueil des migrants.

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“On ne pouvait pas rester les bras ballants, il fallait agir ». Suite à l’appel du Pape et une prise de conscience d’un certain nombre d’Haguenoviens, une association a été créée en février 2016 pour venir en aide aux réfugiés.

L’ARDAH (Accueil des Réfugiés et Demandeurs d’Asile à Haguenau) est née dans les paroisses chrétiennes haguenoviennes, mais a rapidement été ouverte à toutes personnes soutenant la cause. Aujourd’hui, elle tient debout grâce à une centaine de membres bénévoles, leurs cotisations et des dons.

Tisser des liens

« Notre objectif est d’accompagner les réfugiés et demandeurs d’asile, et de défendre le droit d’asile », explique Marie Pfister, présidente de l’ARDAH. « Il est important pour nous de tisser des liens avec ces personnes et de leur permettre d’être en contact avec population locale. Nous organisons par exemple des cafés-rencontres ». L’association a la liberté d’accompagner chaque individu jusqu’au point qui lui paraît nécessaire, sans contraintes.

Une démarche compliquée

« Un logement a été mis à disposition par un couple membre de l’association et nous permet d’accueillir une petite famille. On l’accompagne dans ses démarches de droit d’asile, qui sont longues et compliquées. La famille doit d’abord raconter son histoire de la manière la plus détaillée possible, en expliquant ce qui les a amenés à fuir et ce qui les empêche de revenir. Elle sera ensuite reconvoquée à Paris pour être entendue par un agent. Mais nous l’aidons également dans toutes ses démarches administratives et la finançons jusqu’à ce qu’elle puisse percevoir une aide ».

Depuis sa création, l’ARDAH a accompagné une trentaine de personnes de façon personnalisée. Il peut s’agir d’un soutien total ou simplement de cours de français, ou de soutien scolaire.

« La première famille que nous avons accueillie est syrienne. Aujourd’hui, les deux parents travaillent », se réjouit Marie Pfister, qui tient à rappeler que le droit d’asile est nécessaire pour qu’ils puissent exercer un métier.

Un grand événement samedi

Pour sensibiliser le grand public, l’ARDAH organise pour la troisième année un événement à l’occasion de la Journée mondiale des Réfugiés : Place des Réfugiés, Alors raconte… a pour but de défendre le droit d’asile et de célébrer le courage des personnes qui prennent le chemin de l’asile.

« L’idée est de construire cette manifestation autour de lectures qui parlent de l’exil, du voyage, de l’accueil pour toucher du doigt ces conditions de vie et l’accueil qui est réservé aux migrants aujourd’hui en France ». Au programme, de la poésie, de la musique, de la chanson, un espace dédié aux enfants et aux familles, des contes, du théâtre, des installations, des témoignages, une initiation à la langue des signes, des projections, des expositions, de la restauration d’ici et d’ailleurs…

Tout cela dans 14 lieux symboliques de la ville de Haguenau. « Il était important pour nous d’être présents également dans les deux quartiers périphériques que sont Les Pins et Saint Joseph, et nous le serons grâce au soutien des centres socioculturels. »

Des rencontres seront organisées avec des artistes, des jardiniers, les habitants des quartiers périphériques, les associations partenaires, et des auteurs tels que Thierno Diallo qui a été refoulé aux portes du Parlement européen quand sa classe du collège de Bouxwiller y était en visite, aujourd’hui, il est invité par les Institutions européennes pour témoigner et conseiller les élus !   

De très nombreuses animations sont proposées tout au long de la soirée, ce samedi 22 juin, de 18h à 22h.

Retrouvez le programme complet sur :

association-ardah.e-monsite.com

 

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