Range Rover Evoque : on ne change pas une équipe qui gagne

La sortie de l’Evoque, il y a sept ans, a changé l’histoire récente de Range Rover qui avait tendance à un peu trop regarder en arrière. Succès sans précédent pour la marque, le SUV compact est devenu le symbole de l’entrée de la firme britannique dans l’ère moderne. La seconde génération prend la route aujourd’hui.

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Avant de tomber dans le giron du groupe indien Tata qui, à l’image de Jaguar, a toujours cru en son fort potentiel, Range Rover avait tendance à se reposer un peu trop sur ses lauriers, proposant toujours de prestigieux 4×4 et crossovers, mais conservant son rythme de sénateur. Et puis… il y a eu l’Evoque. Le SUV compact, décrié par les aficionados historiques de la firme britannique lors de sa sortie en 2012, a rompu son flegmatique train-train pour faire entrer le constructeur dans l’ère moderne de l’automobile. Le succès fut colossal, avec près de 800 000 exemplaires vendus, malgré le positionnement très haut de gamme. Écouler comme des petits pains un crossover compact dont le tarif moyen dépasse allègrement les 40 000 € relève du coup de maître. Pas étonnant, alors, que les têtes pensantes anglaises aient pris soin de ne pas trop bouleverser une formule aussi magique.

Respect et innovation

Les designers y sont donc allés par petites touches précautionneuses et l’on devine leurs mains toutes tremblantes à l’idée de briser le charme. Même si les changements ne sautent pas immédiatement aux yeux, il convient de saluer leur capacité à faire évoluer doucement la forme vers une pureté encore rehaussée d’un degré. L’Evoque fait moins jeune premier et semble gagner en assurance.

La silhouette générale demeure identique avec sa ceinture de caisse surélevée, son vitrage comme taillé dans un seul bloc et sa lunette arrière réduite à la portion congrue. Insensiblement, les traits gagnent en finesse : chaque ligne est plus douce, plus courbe. Ironie du sort, ce nouvel Evoque emprunte de nombreux éléments au Velar… alors que l’on reprochait à son grand frère de lui avoir beaucoup chipé. On retrouve ainsi le bandeau noir entre les feux arrière et, surtout, les poignées de portes dissimulées dans la carrosserie qui renforcent la silhouette « coupée » de l’Evoque. On note les prises d’air plus expressives avec leurs deux lignes horizontales, le capot plus fluide et la calandre chromée. À noter que la version 3-portes disparaît du catalogue.

À l’intérieur, le mélange entre refonte de la proposition initiale et influence du Velar saute également aux yeux. La principale nouveauté réside dans l’arrivée d’un double écran tactile et d’une instrumentation entièrement numérique. La star britannique ne cache pas son appétit pour les technologies de pointe. Ce nouvel Evoque inaugure par exemple une option des plus bluffantes : des caméras placées dans la calandre et les rétroviseurs diffusent à l’écran une image à 180° de ce qu’il y a devant et sous l’avant du véhicule, offrant une vue parfaite de ce qui se passe là où d’habitude le capot obstrue la vision. En outre, le rétroviseur central peut retransmettre le flux d’une caméra située dans la lunette arrière. L’ordinateur de bord a également été élevé à la mamelle de l’intelligence artificielle : au fur et à mesure que l’Evoque accompagne son propriétaire dans ses périples, il apprend de lui pour lui proposer les réglages (chauffage, musique, radio, itinéraires) qui lui semblent les plus adaptés. Tout cela sans oublier les technologies de conduite semi-autonome devenues plus classiques, tels que le régulateur de vitesse adaptatif ou l’aide au maintien en voie, les dispositifs dédiés aux excursions hors pistes, comme la transmission intégrale évoluée, le contrôle de l’endurance en descente ou le desserrage progressif des freins, ou encore les équipements de confort, comme l’affichage tête haute ou le hayon électrique.

Du grand art

Même si l’Evoque n’évolue qu’à la marge esthétiquement, les changements techniques, à l’image du bond en avant technologique, sont bien plus profonds qu’il n’y paraît. Le petit Range repose en effet sur une toute nouvelle plateforme qui lui permet de gagner 2 cm d’empattement au profit de l’accueil des passagers arrière et du coffre qui gagne 10 % de volume à 591 l. Cette nouvelle architecture offre aussi la possibilité à l’Evoque de s’avancer avec 6 moteurs 4-cylindres – deux essence et deux diesel – dont les puissances varient entre 150 et 300 ch, l’essence débutant à 200 ch. Tous ces moteurs sont secondés par une hybridation légère de 48 volts… en attendant une déclinaison hybride rechargeable, dotée d’un bloc essence 3-cylindres, prévue pour l’année prochaine. Le comportement de l’Evoque est à l’image de sa présentation et de son confort intérieurs : irréprochable. La douceur des moteurs, même ceux d’entrée de catalogue, n’a d’égal que leur dynamisme. C’est vif, souverain, volontaire.

Sûr de son fait, l’Evoque ne brade pas ses excellentes dispositions et son surmoi résolument moderne. Le diesel de 150 ch accroche un premier prix à 39 350 €. Le premier essence (200 ch) est 6 350 € plus cher. Le milieu de gamme dépasse sans sourciller les 55 000 €. On est une star ou on ne l’est pas.