Racing : Stade vide et page blanche

Le Racing Club de Strasbourg Alsace a vécu une saison tumultueuse, rendue difficile par les blessures, la Covid et l’absence de supporters à la Meinau. L’effectif, comme le staff, est en pleine mutation.

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Recevoir le Paris Saint-Germain de Kylian Mbappé sans supporters, un crève-cœur. / ©DR

Ils ont tenu l’équipe

Il n’a pas fini la saison à cause d’une vilaine blessure, avant, sans doute de se préserver avant son départ à Leipzig, mais comment ne pas citer Mohamed Simakan. Le jeune défenseur a entraîné le Racing dans le sillage de sa fougue, se montrant beaucoup plus performant que ses coéquipiers avec une régularité bluffante. En défense, on aura aussi apprécié l’implication d’Alexander Djiku, malgré deux, trois absences qui ne viennent pas ternir le bilan global. De l’autre côté du terrain, Ludovic Ajorque (16 buts, 4 passes déc.) a accompli un travail remarquable. Il a pesé sur les défenses, sans jamais s’épargner les efforts défensifs. Ce n’est pas pour rien si son nom circule déjà un peu partout en Europe.

Ils ont fait le boulot

Parmi les joueurs qui ont tenu leur rang, sans vraiment sur-performer, on peut mettre le meneur Adrien Thomasson. Pas toujours au sommet de son art, sa qualité et son intelligence ont sorti bien des épines des pieds du Racing. Bien que souvent critiqué, le capitaine Stefan Mitrovic a su réaliser les bons matchs au bon moment. Sa hargne et son attitude ont été précieuses à certains moments de la saison, comme celles de Dimitri Liénard. Le milieu a gardé sa grinta intacte, même s’il a pu parfois s’éparpiller un peu sur les fins de matchs. Il a néanmoins passé le cap symbolique des 100 matchs en Ligue 1. Partie en 3e position, Eiji Kawashima a finalement réalisé un long intérim intéressant dans le but, montrant qu’on pouvait rester performant à 38 ans. 

Ils ont déçu

Si le Racing a dû attendre les dernières journées pour s’en sortir, c’est aussi parce que certains joueurs ont un peu flanché. On pense à Ibrahima Sissoko, moins tranchant, moins précis, malgré son envie de bien faire. Anthony Caci n’a pas non plus répété ses belles performances de la saison passée, même si sa polyvalence en fait un joueur intéressant. Les choix ont aussi été limités pour Thierry Laurey, parce que les remplaçants n’ont pas su se montrer à la hauteur, comme Kevin Zohi ou Majeed Warris. Mehdi Chahiri va aussi devoir épurer son jeu s’il veut s’imposer à l’avenir.

Après 5 ans sur le banc du RCSA, Thierry Laurey n’a pas été prolongé.

Le coach 

En fin de contrat, et non remplacé, Thierry Laurey sera resté très sûr de lui jusqu’au bout. Il a fait fi des commentaires et balayé les questions qui le dérangeaient avec toujours le même dédain. Là où certains voyaient des punchlines, d’autres y voyaient un manque de respect pour les interlocuteurs. Une attitude qui a fini par lasser les joueurs comme la direction, où l’idée de Marc Keller, depuis toujours, est de ne pas faire de vagues. Thierry Laurey part néanmoins avec un bilan sportif inattaquable (une montée en L1 et une coupe de la Ligue).

Et pour 2021-2022 ? 

Le nouvel entraîneur Julien Stephan arrive précédé d’une réputation flatteuse. L’ancien coach de Rennes est un adepte du beau jeu, de la possession, de l’attaque. Mais son premier chantier va être de recomposer une défense : Simakan (Leipzig), Carole (fin de contrat), Koné (fdc), Guilbert (retour de prêt) ne seront plus là la saison prochaine. Pareil pour Jean-Eudes Aholou (prêt), la sentinelle. Sur le papier, il ne reste que Mitrovic, Caci et Djiku. Et ce dernier intéresse du monde. Devant, Ludovic Ajorque représente une valeur marchande non négligeable. C’est un énorme puzzle qu’il faut reconstituer, avec des moyens très loin de ceux du Stade Rennais. Stéphan et la cellule recrutement vont devoir être malins pour « viser le plus haut possible », la maxime de Marc Keller.   

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