Quand la réalité dépasse la fiction

La série d’anticipation Black Mirror présente un futur dystopique en s’attaquant aux dérives possibles de la nouvelle technologie. En poussant le curseur (juste) un peu plus loin que la réalité, elle interroge nos rapports sociaux et les dangers de l’hyper connectivité. La saison 5 de Black Mirror est disponible sur Netflix depuis deux semaines, apportant son nouveau lot de prédictions angoissantes.

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Nous assistons depuis plusieurs années à l’ascension fulgurante et sans précédent des nouvelles technologies. Les transformations qu’elles induisent, souvent imprédictibles sur le long terme, sont mêlées de promesses et de doute. Black Mirror effleure justement ce rapport entre émerveillement et projections glauques avec une rigueur scientifique étonnante. Dans cette série au succès mondial, la réalité et la fiction semblent s’entrecroiser régulièrement.

La note sociale chinoise

Dans le premier épisode de la saison trois, poétiquement intitulé « Chute libre », les utilisateurs d’une application similaire à Instagram sont notés en fonction de leur politesse, de leur sociabilité, de leur efficacité au travail ou encore de leur réputation. Une « note sociale » qui leur permet d’accéder ou non à des services publics, d’obtenir des prêts bancaires ou d’accéder aux transports publics. Une projection plutôt angoissante qui n’a pas tant effrayé le gouvernement chinois qui projette d’imposer une note de confiance similaire à ses citoyens. Testé depuis 2014, ce programme visant à sanctionner les « mauvais élèves » du régime devrait se généraliser à tout le pays dès 2020. Il s’agit de l’un des scénarios de la série percutant le plus notre réalité, mais cet épisode n’est qu’un exemple parmi une multitude.

Des idées à la pelle

« Arckangel » (s4 épisode 2) aborde le sujet d’une mère qui installe une puce sous-cutanée pour suivre sa fille. Lorsqu’elle s’immisce aussi loin dans la vie privée de son enfant, c’est à la fois la surveillance de données et l’excès des dispositifs de contrôles parentaux qui sont soulevés. Un épisode qui dépasse encore une fois de plus la fiction tandis qu’en Suède, 3000 personnes se sont faits installer des puces sous-cutanées l’an passé.

« Be right back » (s2 episode 1) questionne de son côté le transfert de conscience après la mort : en 2017, le journaliste James Vlahos développe une IA Facebook pour s’entretenir avec la simulation de la personnalité de son père décédé. Les parallèles du genre sont légion.