Porsche Taycan, l’adieu aux pistons

Porsche prend le virage de l’électrique et propose son premier modèle entièrement porté par cette technologie. Sa mission est de reprendre la main sur le théâtre des opérations des sportives haut de gamme, avec en ligne de mire la Tesla Model S.

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La guerre des sportives haut de gamme aura de nouveau lieu. Cette fois-ci, les belligérants ne s’affronteront pas à grands coups de V8 et de chevaux surpuissants, mais à grand renfort de kWh, de batteries démesurées et d’écrans tactiles intelligents et connectés. L’époque change, mais les bras de fer à venir s’annoncent palpitants. Porsche entre ainsi dans cette nouvelle arène avec son Taycan, son premier modèle 100 % électrique. Une page se tourne, une nouvelle s’écrit sous nos yeux. La mission du Taycan est d’aller remettre de l’ordre dans le monde fermé des sportives haut de gamme.

L’arrivée de la Tesla Model S, il y a plus de sept ans, a en effet redistribué un jeu sur lequel le constructeur allemand avait la mainmise. À l’époque, ce dernier s’est contenté d’observer d’un œil attentif, tel un grand rapace. Ingénieurs, stratèges et designers ont suivi de près la réaction des clients, l’évolution de la demande, l’organisation de l’offre – à commencer par le déploiement du réseau de recharge –, les écueils et les perspectives. Porsche a pris son temps. On ne tourne pas la page d’une glorieuse histoire fondée sur la qualité d’inoubliables moteurs thermiques sans un minimum de réflexion. Les conclusions furent limpides : l’avenir des voitures de sport passera par l’électrification des blocs. La première étape fut l’hybridation, avec, par exemple, le Cayenne. L’heure de la seconde – l’électrification totale – est venue, avec le Taycan.

Un sacré coup d’œil

Le changement de paradigme a été savamment préparé sur les circuits du monde entier, notamment dans la catégorie sport-prototypes, comme aux dernières 24 Heures du Mans. Ce sont six milliards d’euros qui ont été investis sur les dernières années afin de partir d’une page entièrement blanche. Le Taycan est né dans les paddocks. Le châssis et la coque sont inédits puisqu’il a fallu injecter une bonne dose d’aluminium et de carbone pour réduire le poids. Une étape indispensable pour intégrer l’impressionnante batterie de 93 kWh pesant à elle seule 650 kg ! Celle-ci offre au Taycan entre 412 et 450 km d’autonomie en fonction des versions retenues. Elles sont pour le moment au nombre de trois : la 4S, la Turbo et la Turbo S, développant respectivement 435, 680 et 761 ch ! Les chiffres donnent le ton.

En route, le Taycan finit d’impressionner. Autant dire qu’une Porsche sans piston est toujours une Porsche… Le Taycan Turbo S dévore le 0 à 100 km/h en 2,8 s grâce à ses deux moteurs électriques placés sur les deux essieux. Innovation de taille, une seconde boîte de vitesses automatique à deux rapports est entièrement dédiée au moteur arrière. La vitesse maximale de 260 km/h peut ainsi être atteinte en un souffle. Le silence de fonctionnement a quelque chose de sacré, comme celui des cathédrales. Le Taycan s’élance sans bruit, le couple disponible immédiatement, comme le coup d’un fusil portant un silencieux. Le positionnement astucieux de la batterie offre à ce monstre de puissance un centre de gravité très bas.

Quasiment aussi imposant qu’une Panamera (9 cm de moins en longueur, 3 cm de plus en largeur, 5 cm de moins en hauteur), le Taycan se conduit comme un (gros) kart. L’intérieur est à l’avenant, offrant une excellente habitabilité. Il a le caractère d’une 911et le confort d’une Panmera, en somme. Le système d’info-divertissement est un peu moins affûté que celui de la Tesla Model S, mais la proposition relève tout de même du grand luxe et du confort parfait.

Ces bonnes dispositions ne sont pas bradées par Porsche. La version 4S s’affiche à près de 110 000 €, la Turbo à 155 000 € et la Turbo S à 190 000 €. Le prix de l’histoire en marche, sans doute.