Porsche Panamera 4S E-Hybrid, une place à prendre

Porsche avait laissé un petit trou de souris dans la gamme hybride rechargeable de sa Panamera entre la version de base, développant déjà 462 ch, et le haut de gamme culminant à 700 ch. La déclinaison 4S E-Hybride 530 ch s’y intercale pour bénéficier au mieux de l’absence du malus qui frappe les grandes sportives.

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En cette période où des malus rédhibitoires tiennent sous l’éteignoir l’amour des belles mécaniques et des voitures puissantes, la Panamera a la bonne idée de pouvoir, grâce à ses versions hybrides rechargeables, libérer ses canassons sans avoir à subir le courroux des autorités. Résultat, en France, 90 % des Panamara vendues ont un fil à la patte, évitant ainsi le malus de 30 000 € en vigueur depuis le mois de janvier. Or, entre la version 4 E-Hybrid de 462 ch et la Turbo S E-Hybrid rehaussée à 700 ch, il y avait une petite place qui est désormais comblée.

L’art de l’accueil

L’hybridation est un art délicat qui ne se marie pas facilement avec les pièces d’orfèvrerie fines que sont les grandes sportives. La prise de poids engendrée par la présence des batteries est rarement compatible avec un comportement chimiquement pur. Par rapport à la 4S thermique, la Panamera 4S E-Hybride pèse 300 kg de plus (2 315 kg en tout). La surprise est donc forte de voir ce grand fauve des routes encaisser cet embonpoint sans sourciller sur routes sinueuses. Le travail sur le châssis et le train roulant prouvent, une fois encore, que Porsche est un constructeur à part. Même en malmenant la bête, roulis et sous-virage sont aux abonnés absents. Une prouesse ! Si l’on n’avait pas ce si grand capot devant les yeux, on pourrait parfois se croire au volant d’une 911. Le V6 2.9 turbo, boosté par un bloc électrique pour une puissance totale de 530 ch, dévore la route et croque le 0 à 100 km/h en 3,7 s. Quelle sensation de maîtrise et de force tranquille ! Grâce à l’hybridation, la Panamera ne consomme que 8,5 l/ 100 km. Lorsque les batteries sont vides, la hausse est vertigineuse avec un appétit qui s’envole au-delà des 15 l/100 km.

Des tarifs « sens desssus de sous »

À l’intérieur, le saut technologique est toujours aussi visible, comme en témoignent les trois écrans tactiles. Deux d’entre eux, mesurant 7 pouces chacun, sont disposés de part et d’autre du levier de vitesse, l’autre, de 12,3 pouces, trône au centre de la planche de bord et rassemble tout le dispositif d’infodivertissement. Seules les aiguilles des compteurs ne sont pas numériques ou tactiles.

Au rayon des aides à la conduite, le catalogue est complet. On note, par exemple, l’aide à la vision nocturne qui, grâce à une caméra thermique, est capable de détecter dans la pénombre piétons et animaux afin d’émettre un signal d’alerte. Le nouveau système InnoDrive est aussi bluffant. Il s’intègre au régulateur de vitesse adaptatif et utilise les informations du dispositif de navigation (virages, pentes, embouteillages, limitations de vitesse, panneaux, etc.), pour mieux adapter la vitesse de la Panamera et optimiser le temps et les consommations.

Déjà élitiste, le monde des grandes sportives est devenu aujourd’hui totalement inaccessible. La gamme de la Panamera témoigne de ce ramdam. La version propulsion de 330 ch thermique est vendue 95 597 € et la 4S E-Hybride Sport Turismo de 700 ch à 135 196 €. Cet écart est quasiment comblé par le malus qui touche la première et pas la seconde. L’hybridation est donc l’unique voie de salut de ces modèles appartenant à un autre monde.  

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