Porsche Macan : l’âge de la maturité

L’époque est au raisonnable. et Porsche en a pris acte. Le plus sportif des « petits » SUV, le Macan, profite des bonnes résolutions de début d’année pour se faire une petite beauté et se mettre au goût du jour, celui des nouvelles normes antipollution.

0
350

Les bonnes résolutions de ce début d’année 2019 sont dictées par l’injonction nouvelle des dernières normes antipollution. Sous peine d’engranger de lourds malus et de s’exposer à de sévères sanctions, les constructeurs doivent mettre leur catalogue à jour. Une belle occasion, donc, pour opérer un lifting de mi-parcours. Et le Macan s’y plie de bonne grâce.

Le jeune premier de la famille Porsche n’a pourtant pas grand-chose à prouver en termes de beauté. Ses lignes fluides et puissantes ont fait fureur au cours des dernières années puisque le « petit » SUV allemand a pu représenter jusqu’à 45 % des ventes de Porsche en France. Le restylage a donc été une affaire vite réglée tant la proposition originelle était déjà brillante. On note les entrées d’air latérales à lames droites et affûtées, la disparition des feux de brouillard et l’apparition du large bandeau lumineux traversant la face arrière, comme sur le Cayenne, le Panamera ou encore sur les dernières productions d’Audi, cousin premium du groupe VW.

Dans l’air du temps

L’intérieur est une nouvelle fois une ode au confort et à la modernité. L’écran tactile en profite pour passer de 7,2 à 10,9 pouces. La planche de bord s’adapte à cette nouvelle dalle aux mensurations généreuses et à l’effet garanti. L’équipement s’enrichit avec, de série, le GPS et les phares Full LED et la liste des options s’allongent. On note par exemple l’apparition de l’impressionnant pilotage semi-automatique dans les embouteillages jusqu’à 65 km/h, le pare-brise chauffant et le volant Sport de la Porsche 911. L’habitabilité reste correcte pour ce type de SUV qui ne brille jamais réellement par sa capacité d’accueil et le niveau de finition demeure toujours aussi exigeant. Une modernisation dans l’air du temps qui renforce encore un peu plus le sex-appeal naturel du Macan. Porsche a bien intégré les attentes de l’époque, même lorsque celles-ci poussent à faire des concessions.

Raisonnable et sûr

Le diesel disparaît ainsi définitivement du catalogue. La décision de suspendre la production des moteurs au gasoil a été prise en février dernier. Elle était, jusqu’alors, temporaire. Entre-temps, Porsche a tranché : ces blocs ne reviendront pas et cela vaut pour l’ensemble de la gamme du constructeur allemand. Adieu, donc, les Macan GT (V6 3 l 360 ch) et GT Turbo (V6 3,6 l 400 et 440 ch). Ne restent au programme que deux propositions : le Macan S, qui en profite pour muscler son jeu avec son V6 3 l de 354 ch (+14 ch), et le 4-cylindre 2 l essence de base, qui devient plus raisonnable avec ses 248 ch, soit 7 ch de moins qu’auparavant, absorbés par le filtre à particules.

La politique tarifaire de Porsche reste la même. Il faut compter 60 860 € pour faire main basse sur un Macan. C’est 2 000 € de plus qu’auparavant, mais cette augmentation est raisonnable puisque Porsche demandait 3 130 € supplémentaires pour des équipements qui sont désormais dans la dotation de série (GPS, phares LED, etc.). Mais, à ce prix-là, vous avez un Macan vide, comme une maison qui n’a pas été aménagée. Il faudra ensuite bâtir son intérieur et piocher dans la liste des options de personnalisation.

De base, le Macan est ainsi est excellent SUV auquel on ne peut reprocher ni la fiabilité de son comportement ni son confort absolu. Pour les émotions, il faudra repasser à la caisse. En cause, un châssis vieillissant qui ne libère pas tout le potentiel du véhicule et un goût affirmé pour les beaux matériaux. Avec ses 1 870 kg sur la balance, il pèse ainsi 100 kg de plus qu’un BMW X4 ou qu’un Alfa Romeo Stelvio et 400 kg de plus qu’une 911 pourtant à peine plus courte.

Mais si l’on passe par la case échappement Sport (2 500 €), suspensions pneumatiques (2 652 €), différentiel actif (1 500 €), pack Sport Chrono (1 146 €), c’est un autre visage qui s’offre au conducteur, plus en adéquation avec l’image de Porsche.