Porsche 911 : la belle de Genève

L’arrivée d’une nouvelle Porsche 911 est toujours un événement. Le légendaire supercar, baptisé type 992, ne pouvait trouver meilleur écrin que les bords du lac Léman pour dévoiler ses nouveaux atours… et atouts ! Plus puissante, plus sûre et plus intelligente, la sportive poursuit sa longue histoire sans le moindre faux pas.

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L’arrivée d’une nouvelle Porsche 911 est toujours un événement. Le légendaire supercar, baptisé type 992, ne pouvait trouver meilleur écrin que les bords du lac Léman pour dévoiler ses nouveaux atours… et atouts ! Plus puissante, plus sûre et plus intelligente, la sportive poursuit sa longue histoire sans le moindre faux pas.

Peu de grandes marques sont aussi liées que Porsche à un seul de ses modèles, en l’occurrence la 911. L’histoire du prestigieux constructeur allemand s’est façonnée au gré des générations de ce mythique supercar. Au point de ne reposer, au tournant des années 2000, que sur ses épaules, certes solides, mais pas assez larges pour faire face aux transformations du monde automobile et à sa mondialisation exponentielle. Aux États-Unis, en cas d’urgence, il faut composer le 911 ; au début du siècle, c’est la 911 qui appelait à l’aide. Grâce à une fine stratégie de groupe, Porsche a pu bénéficier à moindre coût de la plateforme du Touareg qui faisait alors ses premiers pas de manière convaincante. Ainsi naissait le Cayenne sur lequel la firme allemande allait pouvoir se reposer. Décrié par les puristes lors de sa sortie, conspué lors de l’apparition d’un bloc diesel qui lui permit, vers 2007, de s’imposer en Europe, le Cayenne est rapidement devenu le best-seller du constructeur, avant que le Macan, plus petit SUV de la famille, ne lui vole la vedette. Paradoxalement, l’arrivée d’autres stars dans le catalogue teuton n’a pas écorné l’image de la sportive : même si celle-ci ne réalise plus la majorité des ventes de Porsche, elle reste le fer de lance de son constructeur et son éternelle star.

Changement d’époque

Certes, la sportive a bien changé depuis ses premiers tours de roue et il n’est pas sûr que Ferdinand Porsche aurait reconnu la dernière génération (type 992) qui prend la route à Genève ces jours-ci. La belle a en effet pris de l’embonpoint depuis 1963, gagnant, en 55 ans, près d’une demi-tonne (1 565 kg aujourd’hui). Les voies de la communication, devenues aujourd’hui impénétrables, ont également évolué depuis les années 60 : le nouveau joyau de Zuffenhausen a désormais « l’intelligence d’un essaim » (« swarm intelligence »). Derrière ce slogan sibyllin se cache une réalité : la nouvelle 911 cède aux sirènes des nouvelles technologies. La sportive intègre ainsi les systèmes d’infodivertissement de la Panamera et du Cayenne avec les écrans de 11 pouces, les « tuiles » personnalisables, les applications connectées, la navigation intelligente, le régulateur de vitesse adaptatif, l’éclairage Matrix LED, le dispositif de vision nocturne ou encore la caméra de stationnement à 360°.

Seule concession au classicisme, la 992 conserve ses compteurs analogiques même si ceux-ci sont cernés par deux écrans digitaux de 7 pouces. Porsche tournera même la page la plus glorieuse de son histoire en intégrant prochainement un système d’hybridation dans le train roulant de celle qui a construit sa légende sur la pureté de ses moteurs.

Pour autant, quels que soient les effets du temps et de la modernité sur le supercar allemand, une 911 reste toujours une 911, reconnaissable au premier coup d’œil. Cette ligne de toit unique, cette longue queue en porte-à-faux, ce regard emblématique qui vous fixe et vous hante… les designers de Zuffenhausen parviennent à moderniser un style devenu atemporel sans jamais le trahir. Mieux, légèrement plus haute et plus large, la 911 type 992 semble plus compacte, plus soignée et davantage sûre de son fait que la précédente génération. L’arrière galbé rehaussé par le long bandeau qui relie les phares, nouvelle marotte des dessinateurs du groupe, le soin apporté aux petits détails, cet avant qui mêle avec sobriété nostalgie et modernité… Aucun doute, la type 992 est l’une des plus belles réalisations de Porsche depuis longtemps.

La bête humaine

Les ingénieurs ont encore accentué leur recours à l’aluminium pour concevoir châssis et carrosserie. Il est d’ailleurs étonnant de se rappeler que, jusqu’à peu (deux générations pour être exact), la 911 reposait sur une structure entièrement confectionnée en acier galvanisé. Le résultat est en demi-teinte : la type 992 s’avance avec 55 kg de plus sur la balance que sa devancière. Il s’agit là toutefois d’un critère trompeur : la nouvelle venue est tout simplement la 911 affichant le rapport poids/puissance le plus flatteur de l’histoire de Porsche. Le « flat » 6-cylindres de 3 l voit en effet sa puissance augmenter de 30 ch, atteignant le seuil vertigineux des 450 ch.

L’entrée de gamme atteint ainsi le niveau des anciennes GTS… en attendant l’arrivée des déclinaisons plus puissantes dans les mois à venir : Cabriolet, Targa, Carrera T (plus légère), GT3 et GT3 RS (plus musclées). Grâce à la nouvelle boîte de vitesses à 8 rapports intégrée en prévision de la future hybridation, le 0 à 100 km/h est pulvérisé en 3,4 s. La belle s’est ainsi offert un nouveau record sur la boucle du Nürburgring : 7 minutes et 25 secondes pour boucler un tour, soit 5 secondes de moins que l’ancienne 911 Carrera S.

À noter qu’un mode « Wet » fait son apparition pour la conduite par temps de pluie, délayant l’arrivée du couple. Plus puissante, la nouvelle 911 sait donc se faire également plus aimable côté ville. Cette polyvalence radicale a toutefois un prix, les versions Carrera S et 4S s’affichent en effet à 122 225 et 130 175 €, soit près de 8 000 € de plus que la précédente génération. Le poids de l’évolution sans doute.