Opel Corsa 1,5 l diesel, le diesel fait de la résistance

Dans un contexte particulièrement défavorable, il demeure certaines citadines qui font encore confiance au diesel et qui croient en son avenir. C’est le cas de l’Opel Corsa qui, avec sa version 1,5 l 100 ch, sait compter : 30 % des clients achètent encore du diesel. Alors que vaut cette citadine à forte tête ?

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L’époque n’est pas au diesel. Les normes antipollution de plus en plus drastiques, le contrôle technique plus sévère pour ce type de véhicules, les centres-villes qui se ferment peu à peu… rien ne plaide en faveur de ce carburant et son avenir est pour le moins sombre. Tout va pourtant très vite dans le monde de l’automobile et dans l’industrie en général. Il y a encore 15 ans, le diesel était la panacée et porté aux nues. Rien n’exclut totalement un retour en force, même si la probabilité est faible. Quoi qu’il en soit, le diesel séduit encore 30 % des clients et plaît toujours aux entreprises, même si celles-ci ont tendance à se tourner désormais vers l’hybride. Certains constructeurs, notamment asiatiques, ont décidé de tourner définitivement le dos au gasoil. D’autres entendent bien répondre au reste des demandes, qui représentent tout de même une belle part du marché. C’est le cas d’Opel et de sa nouvelle Corsa. Calqué sur l’offre de la Peugeot 208, avec qui elle partage la même plateforme depuis le mariage entre les deux constructeurs, le catalogue de la citadine du Blitz comporte en effet une intrigante version 1,5 l 100 ch.

Souple et puissante

Ce moteur offre un agrément de conduite dont ne peuvent se prévaloir les équivalents essence avec leurs 3-cylindres criards. Souplesse et onctuosité sont ici les maîtres-mots. Les 100 ch développés par cette version sont largement suffisants pour lancer la citadine avec vivacité. Le 0 à 100 km/h est réalisé en 10,2 s, ce qui est un excellent temps pour la catégorie. Le couple, disponible très tôt dans les tours, est très agréable en ville et les reprises permettent de s’élancer même au-delà des agglomérations surpeuplées. Sur le papier, la Corsa diesel surprend par des chiffres d’homologation très bas. Dans les faits, la protégée du Blitz confirme son métabolisme de chameau. Rarement les 5 l/100 km seront dépassés. On est assez loin, là encore, de l’appétit des moteurs essence. Sur la route, la Corsa se différencie de sa cousine française, la 208, grâce à des réglages différents. L’amortissement est plus ferme et les trains roulants se montrent plus réactifs. La Corsa gagne en dynamisme là où elle perd en confort. Il s’agit ici d’un choix délibéré du groupe afin de bien différencier ses deux citadines.

Simple et efficace

Comme évoqué, c’est ici l’architecture CMP qui a été retenue. On la retrouve également sur la DS3 Crossback. Une décision qui a été prise alors que les ingénieurs allemands avaient déjà arrêté une solution technique peu coûteuse : conserver la plateforme de l’ancienne génération et améliorer le style et l’équipement. D’où le retard d’un an pris sur le calendrier initial de sortie. L’attente aura cependant porté ses fruits. À l’image des dernières productions de PSA, le style est parfaitement maîtrisé. La nouvelle venue n’a plus grand-chose à voir, esthétiquement, avec sa devancière. Le capot se fait plus horizontal, la petite vitre proche du rétroviseur disparaît, la signature lumineuse adopte deux séduisantes virgules en dessous des projecteurs, le spoiler peut être choisi lors de la commande entre économies de carburants et performances, la calandre adopte un sourire carnassier, le tout formant un savant mélange entre sérieux allemand et élégance française, quelque part entre la 208 et la dernière VW Polo. Une réussite. À l’intérieur, c’est plus austère. Certes, la nouvelle Corsa gagne en longueur (4,06 m), mais son porte-à-faux avant a été réduit de 5 cm. L’empattement atteint ainsi 2,54 m (+28 mm). La citadine est plus basse (-48 mm). Résultat, l’habitabilité est généreuse, à l’image du coffre qui gagne 23 l (309 l). La présentation, elle, est moins racée que celle de la 208. Là encore, il s’agit d’un choix stratégique du groupe : la Corsa perd en originalité mais elle gagne en lisibilité et en sobriété. L’ensemble est toutefois élégant et bien fini, si l’on met de côté l’assemblage un peu hasardeux de l’écran central. Côté équipement, l’Allemande se montre généreuse. Le moteur diesel n’est disponible qu’au niveau Edition. Pour 18 600 €, celui-ci intègre déjà la climatisation manuelle, le frein de stationnement électrique, le volant en cuir, le régulateur/limiteur de vitesse, la reconnaissance des panneaux de signalisation, l’aide au maintien dans la voie, le freinage automatique d’urgence avec détection des piétons ou les alertes anti-somnolence et de sous-gonflage des pneus. Comptez environ 23 000 € pour un niveau de confort élevé. L’un dans l’autre, la Corsa propose les mêmes niveaux de prix que la 208, le groupe ayant savamment brouillé les cartes. Dynamique, bien lotie, peu gourmande et sûre, la nouvelle Corsa, en diesel, a donc tout pour plaire, même si le contexte ne lui est pas favorable.