Nicolas Peyrac, la vie improvisée.

Pour les fans de Nicolas Peyrac, la date, l’heure et le lieu de son prochain concert en Alsace du Nord sont cochés sur leur agenda depuis longtemps : 28 avril 2019, 16h30, l’EcRhin de Gambsheim. Il chantera ce qu’il aura envie de chanter ce jour-là. C’est le principe de ses « Acoustiques Improvisées «, en toute simplicité. Des extraits de son dernier album ou des classiques, des chansons éternelles qui nous trottent dans la tête depuis plusieurs décennies ou des textes moins connus. Réservation : www.billetweb.fr, ou à partir du site de la radio Frequenceverte.fr.

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Quelques mots sur votre spectacle du 28 avril à Gambsheim dans le cadre de vos « Acoustiques Improvisées ». C’est plus une rencontre qu’un concert ?

Oui, je suis d’accord, c’est exactement ça. L’idée est partie du fait que j’en avais vraiment marre d’avoir « So far away… » ou « je pars », collées sur le front. Un jour dans ma cuisine en Bretagne, j’ai cherché une idée pour que les gens s’enlèvent cela de la tête. La solution est de prendre une guitare et de faire une promenade à travers les 20 albums que j’ai enregistré depuis 1975. Cela fait beaucoup de chansons. J’ai envie que chaque spectacle soit un moment privilégié. Je suis tout seul sur scène, avec une guitare, je ne sais pas à l’avance ce que je vais chanter. J’ai une trame, mais je peux à tout moment dévier de cette trame, ajouter un morceau, c’est en fonction de mon humeur, de la réaction des gens. Il n’y a aucune obligation et j’en suis très heureux. Je n’ai jamais été aussi libre sur scène de ma vie. C’est quelque chose que j’aurais sans doute dû faire avant. C’est une évidence que j’étais fait pour ce voyage en solitaire.

Mais, quand on vous aime, on a envie d’écouter ces chansons-là…

Oui, mais les gens qui m’aiment bien ont aussi envie d’écouter autres choses. Pour moi c’est plus important de chanter « Les remparts de Gorée » que « So far away from LA », je n’ai rien contre cette chanson, mais il est plus important de parler d’une des villes d’où est parti l’esclavage que de radoter pour la 10 000 000e fois ce tube, qui est une chanson que j’adore, la question n’est pas là.

Vous chanterez aussi quelques titres de votre 20e album, «Suffit que tu oses» qui est sorti en 2018… au moment où vous étiez malade !

Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de défendre cet album, car j’ai été hospitalisé au mois de mars de l’année dernière pour une leucémie. On ne l’a pas entendu à la radio, on ne m’a pas vu à la télé. Alors, je considère que je le défends sur scène. C’est un album très personnel, les chansons me ressemblent vraiment.

Comment va votre santé ?

Ça va beaucoup mieux, les choses sont en train de rentrer dans l’ordre, mais enfin, ça fait quand même un an, il y a eu beaucoup de séjours à l’hôpital. Il n’y a plus de danger comme à l’époque, mais c’est quelque chose qui est là, qui se balade. Je peux faire des concerts, il faut juste savoir que c’est là, qu’il faut faire attention. Même si sur scène je suis dans le partage avec les gens, j’ai envie de faire les choses bien et je m’occupe de ma santé à la fin de la fin de la fin. Je suis ravi d’être sur scène, c’est ce que
j’aime ; mon obsession l’année dernière, quand j’étais à l’hôpital, était d’être en état pour les Francofolies de La Rochelle. J’ai pu y aller, ça s’est super bien passé. Mon obsession est plutôt les concerts.

Au point de ne plus écrire ?

Je n’écrirai peut-être plus jamais. J’ai très envie de profiter de la vie, de faire des photos, de m’acheter une 125 pour aller me balader à côté de chez moi parce que le printemps arrive. Je n’envisage rien, il y aura peut-être une surprise. Si demain quelqu’un arrive avec un beau projet, why not, mais pour l’instant, ma vie me va très bien.