Nathalie de Riz, l’esprit corpo

Née à Haguenau, Nathalie de Riz, 36 ans, est depuis 8 ans la secrétaire générale de l’UCA, l’union de corporations artisanales qui regroupe entre 400 et 500 entreprises dans une dizaine de corporations, des pâtissiers aux prothésistes dentaires, carrossiers, tapissiers décorateurs, couturières, bouchers… Elle organise l’administratif et les évènements pour ces métiers, dans le Bas-Rhin.

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On commence avec un peu d’histoire, les corporations d’Alsace ont connu un virage important en 2012…

Elles sont issues du droit local, dans ce cadre elles étaient obligatoires jusqu’en 2012, les artisans étaient obligés d’adhérer à leur corpo, mais le Conseil constitutionnel a décidé de changer une loi jugée anticonstitutionnelle. Ce fut un coup de massue. Depuis, nous avons moins de moyens, mais nous essayons de communiquer autrement, avec des pages Facebook, des mises en place d’interviews. Il est important de dire aussi que les corporations sont départementales, mais qu’il existe, notamment chez les boulangers, des antennes sur différents secteurs, une corporation des boulangers arrondissement de Haguenau ou arrondissement de Wissembourg, par exemple.

Quel est le rôle de l’UCA ?

L’UCA existe pour la promotion des artisans, pour une dizaine de métiers, le plus petit groupe est celui des tapissiers et le plus grand avec une centaine de membres est celui des pâtissiers pour lequel nous avons créé un label
« Pâtisserie fabrication maison ». Il y a beaucoup d’Alsaciens du Nord labellisés : la Pâtisserie Maxime de Didier Meyer (le président des pâtissiers du Bas-Rhin), mais aussi Pâtisserie Duweck ou Mary à Niederbronn. L’idée, c’est une fabrication 100% maison. Il y a des contrôles, une communication autour, on fait vraiment la promotion des artisans qui font leur pâtisserie sans produits transformés. D’une manière générale, ceux qui ont le label font appel aux producteurs locaux, il essaye de travailler les circuits courts, pour le lait, ou les œufs. Les corporations sont vraiment là pour la promotion des métiers et le savoir-faire des artisans. L’UCA les aide à organiser leurs actions, il y en a beaucoup en fonction des métiers. Je leur propose des opérations, un budget, je prépare tout, parfois je me fais couper la tête, mais nous arrivons à mettre en place de belles opérations comme celle des pâtissiers qui ont réalisé le record du monde de plus gros gâteau au chocolat.

Votre accompagnement est important quand les lois changent…

Oui. Par exemple, nous travaillons avec les ramoneurs sur la promotion de leur savoir-faire, il est important de faire appel à un maître-ramoneur pour sa cheminée, c’est obligatoire deux fois par an, tout le monde ne le sait pas. Depuis quelques années, vous pouvez ouvrir une entreprise avec 3 ans de fiches de paye comme ramoneur, alors que d’autres ont fait cinq ans d’étude. Nous sommes à leurs côtés pour les accompagner et les aider quand ils rencontrent des problèmes. Et puis, on ne le dit pas assez, ce sont les petites entreprises qui font vivre l’économie, ce sont elles qui embauchent le plus, on ne s’en rend pas toujours compte. 

Vous avez l’air d’aimer profondément votre métier !

J’ai fait un parcours atypique, car j’ai travaillé uniquement pour des associations, des commerçants et des artisans. Ce que je trouve fascinant, c’est que les artisans arrivent toujours à travailler ensemble alors qu’ils sont quand même concurrents, parfois même situés très proches les uns des autres. 

Ils montent leurs actions ensemble, ils travaillent pour la corpo ensemble. Je trouve extraordinaire de dépasser la concurrence et de travailler pour le bien de tout le monde. C’est une grande force.