Martine Stoffel et Force femmes : « Créer des réseaux de contacts mais surtout d’amitié »

À l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, Martine Stoffel, directrice générale de la chocolaterie du même nom à Haguenau, prend la parole en tant que déléguée régionale de l’association Force femmes.

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Martine Stoffel s’investit pleinement pour remettre les femmes de plus de 45 ans sur le marché du travail. / ©Dr
Maxi Flash : Depuis la création de l’antenne régionale en février 2020, le bilan de Force femmes est très positif : une cinquantaine de retours à l’emploi et 65 bénévoles recrutés…

Martine Stoffel : Oui, à tel point qu’au niveau national, l’association a suivi le modèle alsacien, en implémentant des hubs régionaux comme nous ! Au départ, je m’étais entourée de 8 personnes avec des compétences RH ou de coaching, et ce premier cercle est toujours très actif. Puis nous avons recruté 65 bénévoles qualifiés, choisis en fonction de nos besoins, c’est-à-dire l’entrepreneuriat et le retour à l’emploi. Les femmes que nous accompagnons ont en moyenne 52 ans, ce n’est pas de la réinsertion ni de la concurrence avec les dispositifs qui existent : nous proposons un éclairage, une écoute.

Concrètement, comment se passe l’accompagnement ?

La porte d’entrée pour les candidates est le site internet www.forcefemmes.com.
Un entretien d’une heure permet à la candidate de se livrer, puis on fait matcher les profils candidate/bénévole afin de trouver le binôme optimal. À partir de là, on a un accompagnement individuel. Ensuite, il y a les ateliers collectifs : au-delà du fait qu’elles se forment, le principe est de rassembler des candidates, pour qu’elles partagent et retrouvent une dynamique positive. Cela crée des réseaux de contacts, mais surtout d’amitié. C’est aussi notre mission de changer le regard des chefs d’entreprise, qu’ils passent des intentions aux actes, qu’ils lisent les CV des femmes de 45 ans avec la même intensité.

Chef d’entreprise, c’est aussi votre rôle…

Je vois l’évolution de la société à l’échelle de la chocolaterie. Les compétences et les jobs évoluent, les méthodes de travail aussi. Nous avons plus de femmes aujourd’hui en logistique que d’hommes ! Nos chocolatières ont une vision du produit très complémentaire des hommes, l’essentiel étant de trouver un équilibre dans l’index de parité. Le regard qu’il faut porter doit être plus analytique, ne pas tomber dans la discrimination inverse. Il n’y a pas que des Wonderwoman… C’est une question de femme plus que d’emploi : c’est tout l’environnement de vie qui joue, un divorce, la santé, les enfants… Les femmes assurent un budget, c’est une évolution incroyable depuis 30 ans !


Cathy, de Haguenau, voulait créer son entreprise après un licenciement économique, mais manquait de compétences en communication. Elle contacte Force femmes et après six mois d’ateliers, elle trouve un travail salarié. « Ça fait du bien au moral, on confronte nos idées, on s’entraide, on crée des liens sur la durée. L’aspect humain est intéressant. À un moment, il faut se donner une chance, ne pas se limiter, et se faire accompagner. Au pire on apprend, au mieux on réussit. »

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