Margaux Tahar, Sur son nuage

Margaux Tahar est née il y a 21 ans à Mittelhausbergen. Passionnée par l’aéronautique depuis l’enfance, c’est à Haguenau qu’elle a découvert et commencé la voltige. Il y a quelques semaines, à Châteauroux, elle a été sacrée championne de France de voltige aérienne biplace en catégorie Espoir. Margaux Tahar vient d’entrer à l’école d’ingénieurs de l’air et de l’espace (IPSA) d’Ivry-sur-Seine qui forme aux métiers de l’aéronautique ; elle est la première Alsacienne à obtenir ce titre. Le temps de digérer tout ça, nous voilà, avec quelques questions et un sourire rempli de fierté, à la rencontre d’une jeune femme qui n’a qu’une envie, aller au bout de ses rêves.

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Pour commencer, un mot sur la « voltige aérienne » ?

Cela signifie que l’on met l’avion dans des positions impossibles pour un appareil normal. On présente une dizaine de figures dans un cube virtuel, devant des juges, on fait ce que l’on nomme des loopings. Chaque pilote essaye d’obtenir la meilleure note possible. Dans ma catégorie, à l’accélération, on est autorisé à « prendre » + 4,5 et – 3 G (un G est égal à une fois le poids de son corps, en négatif quand le sang part vers la tête et en positif vers les pieds). Chaque vol dure environ 25 minutes.

Vous avez 200 heures de vol, une quarantaine en voltige derrière vous. Quel est le point de départ de cet intérêt pour l’aéronautique ?

J’avais 7 ans, j’étais en vacances avec mes parents. Quand la patrouille de France est passée au-dessus du port de Marseille, j’ai dit que je voulais faire ça, être pilote. Par la suite, j’ai essayé de me rapprocher un maximum de tout ça. Par hasard, j’ai volé avec le fils de ma prof de sport de cinquième et je suis entrée dans un club. J’ai volé seule à partir de 15 ans et j’ai passé mon brevet de base à 16, mon brevet de pilote privé à 17. Après, j’ai connu Alsace Voltige à Haguenau, et j’ai tout de suite accroché. Maintenant, avec l’école d’ingénieur, je suis complètement dedans, comme je l’avais imaginé à l’âge
de 7 ans.

Pourquoi aimez-vous cela ?

La voltige c’est de l’adrénaline. Piquer vers le sol à 200 ou 300 kilomètres/heure cela reste impressionnant, comme voler sur le dos. Quand je vole, je ne dois penser qu’à ça. Cela me vide l’esprit. J’aime la concentration et la rigueur que cela demande. J’aime quand je m’entraîne, seule (l’avion est biplace, mais elle est seule à l’intérieur), avec Jean-Emmanuel Antal, il a été champion d’Europe par équipe en 2007 (13 000 heures de vol). C’est mon instructeur, il reste au sol et me corrige jusqu’à ce que la figure soit bonne. Je m’entraîne chaque
week-end à Haguenau.

Avec ce titre de championne de France dès votre première compétition, il doit être fier de vous !

Oui, surtout qu’il ne savait pas du tout comment j’allais réagir. Même moi, je ne savais pas comment j’allais gérer le stress. Tout s’est bien passé, c’est aussi sa victoire, car il toujours là, il passe beaucoup de temps à m’entraîner, du travail au sol jusqu’au vol, il me donne des petits trucs, il m’apprend comment faire avec le vent.

Quel est votre plus grand rêve ?

J’ai intégré l’école d’ingénieurs de l’air et de l’espace (IPSA) d’Ivry-sur-Seine qui forme aux métiers de l’aéronautique pour devenir pilote de chasse. Y arriver, ça serait top. Le but final serait la Patrouille de France. Ce qui peut m’arrêter, c’est la visite médicale. J’essaye de faire attention, surtout aux yeux, je fais du sport, la voltige le demande pour résister au G.

Infos : www.alsace-voltige.com