Manuela Gross, Chaque jour Antoinette de Knackwiller

Antoinette de Knackwiller est née de l’imagination de Manuela Gross en 2006. 3 spectacles écrits, joués et mis en scène plus tard, son personnage en collants orange sans pieds (offert par Yvette Horner qu’elle aurait rencontrée) s’est imposé sur les scènes et à la télévision alsacienne (Ensemble c’est mieux, sur France 3 Alsace à 10h45). Antoinette de Knackwiller est souvent venue jouer en Alsace du Nord, à Haguenau, Wissembourg ou Drulingen, pendant que Manuela Gross, qui est née à Sélestat et qui a passé son enfance dans la vallée de Villé, est restée enseignante.

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Comment êtes-vous devenue artiste et enseignante ?

Tout commence en cinquième ; j’ai joué dans Le malade imaginaire. Je faisais rire les gens autour de moi et c’est devenu immédiatement une philosophie de vie. Bon, cela m’a coûté un redoublement, mais le fait de monter sur scène a été tout de suite assez concret. À l’époque, j’avais un peu d’embonpoint, et quand on est comme moi, à l’adolescence, on cherche à se faire remarquer. J’étais la bonne copine de la classe qui fait rire. Et cela a duré. Même en BTS. En psycho un peu moins, mais en gros pendant toutes mes études, j’ai été celle qui faisait rire.

Mais cela ne suffit pas pour devenir une artiste…

Après, j’ai fait du théâtre amateur, en dialecte, dans une petite troupe d’un village où habitent mes parents, j’ai même travaillé une saison au Club Méditerranée, ce qui m’a mis le pied à l’étrier. Bon, ce n’était pas au bout du monde, mais à Vittel dans les Vosges. Ce qui est drôle, c’est que j’ai été embauchée comme diététicienne pour les thermes de Vittel, mais je participais au spectacle du soir avec les GO, les gentils organisateurs. Quand les bus de vacanciers arrivaient, on faisait « Y’a du soleil et des nanas… », il y avait des nanas, mais pas vraiment de soleil. Après, ce qui n’a rien à voir, j’ai travaillé dans une structure d’insertion à Strasbourg, avant de passer le concours de l’Éducation nationale. Et je suis encore prof, trois jours par semaine, au collège de La Broque.

À la télé comme scène pour votre spectacle, vous êtes dans la peau d’Antoinette de Knackwiller, un personnage plein de dérision. C’est un petit peu votre marque de fabrique, la dérision ?

Oui, c’est mon personnage sur scène et on m’a engagé comme Antoinette à France 3. C’est la première fois que je fais de la télé, et c’est la troisième saison le matin dans Ensemble c’est mieux. Cela se passe vraiment très bien, et oui, le but est d’être en dérision avec moi-même. Et effectivement, cela ne rit pas au moment voulu, mais juste après, quand je comprends que ça ne répond pas, c’est parfois complètement décalé. Après, il y a des gens qui ne comprennent pas toujours le niveau de décalage.

Vous êtes prof, mais vous auriez pu vivre du métier du spectacle ?

Oui, il y a quelques années j’avais assez de dates pour cela. Il y a une dizaine d’années, je démarchais beaucoup les salles pour jouer, ce que je ne fais plus du tout, mais c’est aujourd’hui que je joue le plus. C’est le bouche-à-oreille qui fait que !

Vous êtes fière de votre parcours ?

Je suis contente de mon parcours, oui. Cela peut s’arrêter demain, j’aurais fait ce que je voulais faire.

Pour cette chronique, je vous ai demandé de m’envoyer une photo, qu’avez-vous choisi ?

J’ai pensé tout de suite à un lieu que j’aime, le Champ du feu, c’est un endroit où je me sens vraiment très bien, il est un peu au-dessus de tout, souvent très lumineux et solaire, même quand il y a moins de soleil. On est loin de tout, il n’y a pas de réseau, je me sens très très bien au Champ du feu. Je fais beaucoup de sport et j’adore y passer à vélo, ou courir en forêt. Je vous envoie une photo stockée dans mon téléphone portable.