L’indication géographique protège l’héritage des poteries

Les poteries de Betschdorf et Soufflenheim affichent désormais une indication géographique attribuée par l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) qui garantit leur origine et leur qualité, et les protègent de la concurrence.

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Les poteries sont fabriquées de A à Z dans les ateliers du territoire de l’indication géographique. / ©DR

Tout comme la porcelaine de Limoge, la tapisserie d’Aubusson ou la charentaise, les poteries de Soufflenheim et Betschdorf font partie des treize indications géographiques (IG) attribuées depuis leur création en 2015. Deuxième du Grand Est après le siège de Liffol (Vosges), l’IG vise à garantir « l’origine de la fabrication, c’est-à-dire toutes les étapes sur site, pas seulement une transformation, selon un cahier des charges » explique Pierre Siegfried, le président de l’association des potiers d’Alsace nord.

300 ans d’ancienneté

La totalité des potiers du bassin de production est concernée, soit douze entreprises qui ont toutes une longue histoire. « À la mairie de Soufflenheim, il est inscrit 1770 pour certaines, et à Betschdorf, d’autres avancent 300 ans d’ancienneté. Les grès de Rémy sont même l’entreprise la plus ancienne de France », souligne le président. Le moule à kougelopf a également plus de 500 ans, et au départ, il était en bois, « le temps de trouver la forme qui fait aujourd’hui la richesse et la fierté de l’Alsace », avec toutes les autres réalisations en terre cuite.

C’est pour cette raison qu’il faut protéger cet héritage :
« Le caractère alsacien est facile à copier. Dès qu’on faisait une nouveauté, on voyait rapidement des contrefaçons. L’IG sert aussi à lutter contre ça ». L’association estime le préjudice de la concurrence à 50 millions d’Euros par an ! « On relocalise », sourit Pierre Siegfried. Pour lui, revenir en arrière est une bonne chose puisque les chiffres suivent. Mais « il fallait tenir. Je me souviens des années 2000 quand les quotas ont été enlevés par l’UE, on pouvait importer et acheter n’importe quoi. On a perdu des emplois et du savoir-faire, comme ça a été le cas pour de nombreux faïenciers qui n’étaient pas protégés et ont tout perdu ».

La terrine à baeckeofe de mamie

Aujourd’hui, Pierre Siegfried se dit « heureux et optimiste. Avec l’IG, la consommation est plus locale, la progression plus importante ». Il remercie d’ailleurs « les Alsaciens et tous les Français qui soutiennent les artisans locaux. Nos objets sont avant tout utilitaires, ils passent au four, au micro-ondes, au lave-vaisselle ». Ils portent aussi souvent des souvenirs familiaux: si « une poterie contrefaite n’a pas d’histoire », sortir le pichet à vin gris et bleu et la terrine à baeckeofe de mamie le dimanche et « s’asseoir autour d’une table pour parler, c’est ça la convivialité de l’Alsace ».   

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