L’hypnose, quand le cerveau s’éveille.

Le mot « hypnose » apparaît en France vers la fin du 19e siècle pour désigner l’état hypnotique. Occultisme, spectacle, thérapie ? Son utilisation dans un cadre thérapeutique a toujours été source de controverses. Tombée dans l’oubli, remplacé par la sophrologie ou d’autres pratiques plus modernes, l’hypnose traînait derrière elle une mauvaise réputation comme les pratiques de charlatans ou de bonimenteurs qui n’en veulent qu’au porte-monnaie d’âme en perdition.

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A la télé, des magiciens ou des fascinateurs d’un nouveau genre sont capables de faire exécuter en une seconde n’importe quelles actions plus ou moins humiliantes au nom de l’audimat. Oui, mais voilà, l’hypnose n’a rien à voir avec la magie et le prime time de Messmer. Aujourd’hui, l’hypnose c’est du sérieux. Cette pratique thérapeutique a obtenu ses lettres de noblesse, elle est enseignée dans les facs de médecine. Quand le cerveau s’éveille et aide les êtres humains à se soigner.

Les nouveaux thérapeutes, qui affichent fièrement un diplôme universitaire reconnu par l’Ordre des médecins sur l’un des murs de leur cabinet, changeraient la vie de millions de patients qui n’arrivaient pas à arrêter de fumer, qui étaient stressés et angoissés sans trouver la solution à leurs problèmes et qui, pour certains, usaient les canapés des psys sans vraiment avancer. Alors, aller chercher dans l’inconscient la cause de nos inquiétudes, de nos angoisses, de nos déviances ou de nos addictions pour atteindre enfin le bien-être que nous ne trouvons pas depuis bien trop longtemps en passant par l’hypnose est peut-être la solution.

L’hypnose prend en charge le corps et l’esprit

Pour les hypnothérapeutes, l’hypnose est une expérience de modification de la perception, basée sur le seul langage qui ne ment pas, le corps. Si l’on considère que certaines pathologies sont dues à la scission entre le corps et l’esprit, alors l’hypnose, qui prend en charge le corps et l’esprit, est déjà une réponse. Cette thérapie embarque le patient tout entier sur un chemin neurologique qui ouvre les perceptions.

Nous sommes en éveil avec nous-mêmes, le cerveau disponible, et non en sommeil, comme on peut le voir dans des expériences à la télé. Dans ces slows où les invités font le canard ou l’amoureux transit, on est loin de l’hypnose comme thérapie, on s’y amuse, alors que la promesse de l’hypnose, état modifié de conscience, est de permettre de se soigner.

Pour l’expérience de l’hypnose, il faut lâcher l’intellect. Si le contrôle de la pensée peut entretenir ou générer des pathologies, l’hypnose permet de lâcher tout cela et de faire toute sorte d’expérience, en oubliant ses phobies. On ressent, les cinq sens sont disponibles, un peu comme quand nous sommes hyper concentrés ou pris tout entier par le suspens d’un roman ou d’un film, dans l’émotion d’une chanson. Il n’y a plus rien autour.

À différents moments de la journée, selon nos activités, on peut se retrouver en hypnose, car il existe différents degrés. On peut même se faire opérer sans anesthésie, mais sous hypnose. D’autres domaines l’utilisent aujourd’hui. Sur les enfants, qui n’ont aucune barrière, cela fonctionne très bien.

Le processus qui conduit l’esprit à se soigner

Cette invitation au voyage intérieur peut permettre de prendre conscience que l’on est acteur de sa santé. Au niveau cérébral, des fonctions cellulaires s’activent et sont extrêmement puissantes, mais il faut être prêt à ça. Parfois les symptômes nous définissent, on s’y accroche inconsciemment, ils font partie de nous, et tenter de les régler peut faire peur. Les études démontrent que si l’on n’a simplement le désir de faire quelque chose, les zones qui vont s’allumer dans le cerveau sont les mêmes que celles qui s’activent quand on fait réellement cette chose. L’hypnose, si l’on est prêt, peut permettre de déplacer les montagnes, car elle débride les possibilités cérébrales, réduit les inhibitions, le cerveau est beaucoup plus créatif, il peut créer de nouveaux liens : par exemple, un nouveau rapport à la cigarette, à l’alimentation ou à la douleur. L’hypnose modifie les zones cérébrales d’intégration de la douleur en donnant des suggestions de l’intensité de la douleur.

Parfois, une seule séance suffit pour modifier un comportement, régler des tremblements. Certains d’entre vous peuvent rester septiques et douter des résultats de cette thérapie, ou imaginer qu’un effet placebo joue un rôle majeur. C’est le cas dans chaque thérapie, l’effet placebo est toujours présent et l’hypnose n’échappe pas à la règle, mais là aussi il s’ajoute à l’effet spécifique de l’hypnose.

Personne ne vous fera faire n’importe quoi

Les spécialistes affirment que l’influence de l’hypnose sur notre inconscient n’est pas toute puissante. Il existe des «sécurités» dans notre cerveau qui nous empêchent de faire quelque chose de contraire à nos valeurs. Si vous vous mettez à faire l’idiot ou à enlever votre jean dans une boîte de nuit, il est certain que vous aviez envie de la faire. Personne ne vous fera faire n’importe quoi, ce qui d’ailleurs n’est pas le but.

La durée d’une séance varie entre 30 et 60 minutes, les prix sont compris entre 45 et 85 euros. Cinq à six séances sont souvent nécessaires selon les problèmes, mais attention, renseignez-vous sur le praticien, sur son parcours et ses diplômes. Vous trouverez de bons professionnels en Alsace du Nord.

Pour conclure : après avoir fait des séances d’hypnose, la suite logique est l’autohypnose, ou comment reproduire ce que vous avez appris chez le thérapeute. Il semble que cela fonctionne très bien.