L’homme qui tombe à pic

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C’était un jour de pluie, un lundi qui annonçait l’hiver. Ma voisine a sonné chez moi. Quand j’ai ouvert, elle a dit : « Au moins les sonnettes fonctionnent encore. Tu es au courant de la PANNE ? » La PANNE, j’ai répondu ? Quelle PANNE ? Elle m’a expliqué que plus rien ne fonctionnait. Plus de télé, plus de réseaux sociaux, l’enfer sur Terre! Tu imagines si ça dure 3 jours ? Comment on va faire, merde ? J’ai dit que 10 jours ou même un mois, ça serait formidable. Juste pour voir. Que ça serait bon pour la planète. Elle m’a dit que j’étais trop con, et pourquoi pas le modèle amish pendant que j’y étais, qu’il n’y avait que sa ligne fixe qui marchait, mais qu’elle n’avait pas de téléphone fixe. « Comment je fais pour commander une pizza et regarder une série moi ? » J’ai répondu qu’il restait la cuisine, les livres à la bougie à l’ancienne, et l’amour aussi. « On faisait comment il y a 30 ans à ton avis ? » Elle m’a répondu qu’elle n’était pas née il y a 30 ans, et qu’à cette époque, il n’y avait ni Facebook, ni Insta, ni Waze et que la vie devait être toute pourrie. Quelques jours plus tard, j’ai vu que le Président de la CEA prenait la pose devant Lucelle, le plus petit village du Haut-Rhin. J’ai vérifié, c’était bien une photo de 2021. Frédéric Bierry, qui entame un tour d’Alsace en 80 jours, était au bord de la route, il inaugurait un panneau de signalisation, et sur un joli dessin une cigogne disait «Bienvenue en Alsace» à côté d’une maison à colombages et d’une Alsacienne en costume tenant un bretzel. C’était beau cette authenticité ! Alors voilà, en Alsace, on n’a pas besoin des nouvelles technologies, les pannes on s’en fout, nous, on a les pieds sur terre et des cigognes accueillantes. Vous pouvez oublier vos GPS, bannir les réseaux sociaux et retrouver le vrai sens de la vie, et puis c’est tout !

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