Les rendez-vous de l’artisanat #2 – Le Menuisier

À l’occasion de ce deuxième Rendez-vous de l’Artisanat, c’est la filière bois, et plus précisément le métier de menuisier que nous avons décidé de mettre à l’honneur. Rencontre avec le fondateur de la Menuiserie Schalck, à Niedermodern, et trois menuisiers de l’entreprise qui occupent tous des postes complémentaires et qui associent chaque jour un savoir-faire traditionnel et les connaissances des outils numériques.

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La menuiserie Schalck ©JH

Le métier de menuisier

Portes, parquets, bibliothèques, placards, cuisines ou autres meubles… Partout autour de vous, dans votre maison ou à l’extérieur, le métier de menuisier est indispensable. Concevoir, dessiner, débiter, monter, vernir ou installer, à mi-chemin entre l’artisanat et l’industrie, celui-ci regroupe bien plus de missions qu’on ne l’imagine. Exemple avec 3 collaborateurs de la Menuiserie Schalck.

Un métier artisanal

Bien qu’il soit assisté par des machines à commandes numériques, qui permettent un travail moins pénible dans l’atelier, le menuisier est avant tout un artisan. Impossible de se passer de sa précision, son habileté et sa maîtrise de la géométrie, et c’est encore plus vrai lors des réalisations sur-mesure. À partir des plans conçus par le dessinateur, il choisit la matière première la plus adaptée au projet et s’occupe de tout, du traçage à la pose, en passant par le vernissage.

Un métier polyvalent

En plus de faire preuve de créativité, de technicité et de minutie, le menuisier dispose de compétences dans de nombreux domaines : géométrie, dessin industriel, informatique… Il travaille le plus souvent en équipe et se coordonne avec d’autres professionnels (menuisiers, architecte, chef de chantier ou encore le client lui-même).
Si le bois reste son matériau de prédilection, il peut aussi utiliser l’aluminium, le PVC, les panneaux agglomérés ou stratifiés, etc. Il peut également se spécialiser dans un domaine tel que l’agencement ou les portes.

Témoignages

Serge Schalck ©DR

Serge Schalck

Patron de la Menuiserie Schalck

Acteur économique important en Alsace du Nord, la Menuiserie Schalck est une entreprise familiale qui fait perdurer un véritable savoir-faire artisanal.

Quelle est l’histoire de votre menuiserie ?

C’est mon grand-père qui a fondé l’entreprise en 1928 à Dauendorf. Elle a été reprise par mon père, qui a de tout temps été l’artisan du village. Je l’ai rejoint après mon apprentissage en ébénisterie. En 2000, nous avons emménagé dans notre nouvel atelier, plus grand et plus pratique, à Niedermodern. Nous étions une douzaine à ce moment. Aujourd’hui nous comptons une quarantaine de collaborateurs. Mon fils m’a rejoint récemment, et pourrait être la quatrième génération à reprendre cette entreprise familiale.

Pourquoi le métier de menuisier et plus généralement de travailleur du bois est-il si prisé ?

On aura toujours besoin de menuisiers, il y aura toujours un avenir dans ce métier. Les menuisiers sont des artisans indispensables. Il faut qu’on les soutienne. Les menuiseries ont de lourds investissements, il ne s’en crée plus aujourd’hui, alors il est important de préserver celles qui existent. En Alsace, il existe encore des personnes qui veulent du beau, du fait-main, des produits qui garantissent un vrai savoir-faire artisanal, mêlé à des techniques de pointe.

Votre entreprise recrute-t-elle régulièrement ?

Oui, très régulièrement. Il y a une pénurie de main d’œuvre en ce moment sur le bassin nord-alsacien. Chaque année, nous embauchons également des apprentis. Et nous continuons également d’investir, d’évoluer, d’aller de l’avant.

©Floriane Walter

Ludovic Tisserand

Dessinateur Projeteur

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce métier ?

Cela fait plus de 25 ans que je travaille dans le milieu du bois. J’ai toujours aimé travailler le bois, j’étais d’abord dans le secteur de l’agencement, puis j’ai combiné mes deux passions, la menuiserie et l’informatique, en devenant dessinateur projeteur.

Quel est votre rôle ?

Au sein de la menuiserie on retrouve plusieurs métiers qui sont tous complémentaires. Pour ma part je travaille au bureau d’études et m’occupe de tout ce qui est plan de devis et plan production, nomenclature, quincaillerie. Une fois validé, je transfère le tout aux chefs d’ateliers. C’est pour cette raison qu’il est plus facile de faire mon métier lorsque l’on a déjà été dans le milieu du bois : on travaille main dans la main avec la production.

©Floriane Walter

Christophe Riehl

Responsable du pôle agencement

À quel moment intervenez-vous dans un projet ?

Dès que le dessinateur-projeteur m’amène les fiches de fabrication avec toutes les informations nécessaires. Je commande le matériel et j’organise le sillage des panneaux, l’encollage des chants, la partie commande numérique pour le perçage, et la partie assemblage/finition. Tous les menuisiers ont un rôle différent : agenceurs, ébénistes, etc. Une fois tout le travail terminé, ce sont les menuisiers de pose qui prennent le relais, et qui se rendent sur le chantier pour tout installer.

©Floriane Walter

Mathieu Stein

Responsable du pôle portes

Au sein même de votre pôle, les menuisiers ont tous des missions différentes.

Oui, certains sont spécialisés dans les portes techniques (bloc porte, accès coupe-feu, etc), d’autres dans les chambres d’ébrasement (pour les portes d’appartements par exemple), et nous avons aussi un atelier de placage qui nous permet de strater ou plaquer des portes sur place. On peut donc tout faire de A à Z et créer des portes sur-mesure.

Vous considérez-vous comme des artisans ?

Oui ! On a les machines pour faire de l’industriel, mais on continue de créer du sur-mesure notamment grâce à cet atelier de placage. Avec une planche brute, on peut sortir un meuble, une chambranle, une porte avec des moulures… Il y a un véritable savoir-faire, comme autrefois, dans notre métier. C’est ce qui m’a toujours plu.

©Floriane Walter

Devenir menuisier, ça vous tente ?

Serge Schalck, Ludovic, Christophe et Mathieu sont tous les trois passés par la voie de l’apprentissage.

J’ai moi-même été apprenti et je recommande cette voie de formation. L’apprentissage m’a apporté des connaissances solides du métier et de l’art. Chaque année, nous embauchons 2 apprentis menuisiers dans nos ateliers. Ils sont 5 actuellement, d’âges et de formations différentes (CAP, Brevet Professionnel…). On les encourage à poursuivre leurs études, pour former de façon optimale nos futurs collaborateurs, voire nos futurs repreneurs. En Alsace, 25% des chefs d’entreprise ont 55 ans et plus. Ce qui signifie que sur 45 000 entreprises artisanales, il y en aura au moins 11 000 à reprendre dans les 6/7 prochaines années.

Serge Schalck

J’ai commencé en tant qu’apprenti dans une entreprise pour mon CAP/BEP, et je suis arrivé ici il y a 22 ans. J’ai gravi des échelons de fil en aiguille jusqu’à devenir responsable du secteur portes.

Mathieu

Pour ma part, j’ai commencé en tant qu’apprenti chez les Compagnons du Devoir à Strasbourg. C’est l’alternance qui m’a plu : on est sur le terrain, on vit tout ce qui s’y passe, l’immersion est top. L’apprentissage est essentiel : tous les ans on continue de former des apprentis de tous les niveaux.

Christophe

J’ai fait un BEP/CAP « menuiserie ameublement », suivi d’un Brevet de Technicien Ameublement, pour finir par un BTS Productive Bois.

Ludovic

©Floriane Walter

Après la 3e, il est possible d’intégrer un CAP (menuisier installateur ; menuisier fabricant ; menuisier aluminium-verre). Il se prépare en 2 ans, le plus souvent par la voie de l’apprentissage. Il peut éventuellement être complété par un BP (brevet professionnel) menuisier ou menuisier aluminium-verre en 2 ans, pour obtenir un niveau “bac ou équivalent”. Il existe également des bac professionnels (technicien menuisier-agenceur ; technicien de fabrication bois et matériaux associés ; menuiserie aluminium-verre). Le menuisier peut être salarié ou à son compte.

Pour plus de renseignements
Rendez-vous sur www.cm-alsace.fr ; rubrique « former et se former ».

©JH

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