Judo : Les premiers fruits récoltés à Hoerdt

Deux jeunes formés à Hoerdt vont intégrer le CREPS de Strasbourg à la rentrée prochaine. Deux d’un coup, et trois au total, c’est une première pour le club local, et il la doit à une politique mise en place il y a cinq ans.

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Chaque judoka bénéficie de 9m2 pour travailler. ©DR

Il fait beau ce jour-là, on a ouvert les baies vitrées, et on discute sur le parking à l’arrière du centre sportif de Hoerdt. Neuf gamins font leurs gammes, chacun dans un espace délimité de 9m². Covid oblige, on applique les consignes. Raphaël, le co-coach, explique le principe : « Il y a une désinfection des pieds et des mains, au début et à la fin du cours. Même sans contact, on peut travailler les techniques de chute, les bons placements. Des exercices qui existaient déjà avant tout ça, et là on les met juste un peu plus en avant. »

Les parents sont là, ils regardent, font confiance. Dans le groupe de ce vendredi, on est venus voir plus particulièrement Eliott Gateau et Mathieu Ganter, 13 et 14 ans. Ils intégreront le Pôle Espoir de Strasbourg à la rentrée. Ajoutés à Maël Gramfort, ça fera trois, et c’est historique. « C’est le fruit de notre travail », poursuit Raphaël, maillot tricolore sur le dos. « Ce sont les premiers qu’on a récupérés quand ils avaient 8, 9 ans… On les a poussés à faire des stages, on assure un suivi quotidien. On essaye d’être proches d’eux, et ça, les parents le remarquent, et apprécient. »

Exemple avec Grégory, le papa de Mathieu. Son fils en veut, il est chaud patate, même s’il ne s’exprime pas trop. « Ça le passionne », commence le papa, une petite étincelle dans l’œil. « Il sait ce qu’il a à faire. Quand il a une compétition, il se met dans sa bulle. Tout le trajet, il ne faut pas lui parler. » Et les coachs ? « Mathieu n’en a jamais eu d’autres. Il fait gaffe à ce qu’ils lui disent. Romain (Gretz, l’entraîneur principal, ndr) est très pédagogue, il a le petit truc en plus avec les enfants. »

Ambitions : France, Europe, Monde, JO

Qu’en pensent les deux petits prodiges ? Eliott, le plus précoce, va intégrer le CREPS avec un an d’avance, à 13 ans seulement. Timide, il lâche quand même quelques mots : « Quand on me l’a dit, j’étais très heureux. J’ai un peu de pression parce que je vais être le plus jeune. Mes parents me soutiennent. J’aimerais bien faire un podium aux championnats de France. »

Mathieu, tout aussi taiseux derrière son regard azur, cache un vrai ambitieux. Son père nous avait dit que son fils était insondable. Alors surprise quand il répond du tac au tac sur ses ambitions personnelles : « Mes objectifs ? Les championnats d’Europe, les JO, les championnats du monde… » Ah oui, carrément ? « Bah oui… » Taiseux, on l’avait dit. Ambitieux, ça se confirme. Mais d’après Grégory, il y a néanmoins une vraie humilité, car « quand il gagne une compétition, il range la médaille dans son sac, il ne parade pas avec, et n’en parle pas à ses copains. »

Eliott et Mathieu ont du temps devant eux pour faire des progrès en termes de communication, parce qu’on aimerait bien les revoir dans quelques années, une médaille olympique autour du cou.