Les maires face à la crise – Camille Scheydecker, maire de Soufflenheim

Le maire de Soufflenheim est un édile expérimenté qui entame son quatrième mandat. Sa commune, déjà très organisée lors du premier confinement a remis cela, dans le respect strict des mesures gouvernementales. Il nous explique pourquoi, tout en restant optimiste, il espère vivement qu’à Soufflenheim comme ailleurs, nous fêterons Noël cette année encore.

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Camille Scheydecker, maire de Soufflenheim

Vous attendiez-vous à une deuxième vague, étiez-vous prêt ?

On s’y attendait, et on était prêt, oui. Nous avons mis en place le même protocole sanitaire que lors du premier confinement. Nous avons mis notre personnel en sécurité sanitaire, et nous avons demandé aux administrés de prendre rendez-vous en mairie. Le personnel n’est pas en télétravail et les choses s’organisent correctement, il n’y a pas de souci particulier. Au niveau des écoles nous avons reconduit le dispositif, nous l’avons même renforcé avec un nombre plus important d’agents d’entretien, pour la désinfection des toilettes ou des poignées de porte, notamment entre midi et deux heures.

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus ?

Ce qui m’inquiète, c’est la souffrance de nos petits commerces et notamment de nos potiers. Nous communiquons sur notre site Internet et sur notre page Facebook et nous incitons nos administrés à consommer, à acheter local. Nous relayons les opérations de click and collect que beaucoup de nos commerçants ont mis en place.

Les habitants jouent le jeu ?

Oui, d’après les commerçants la clientèle locale est plus importante c’est vrai, c’est bénéfique. Les gens de Soufflenheim allaient, comme beaucoup d’autres, vers l’Allemagne, vers Haguenau ou vers Strasbourg, aujourd’hui il existe une clientèle qui reste et qui consomme local. Les commerçants sont dans une période difficile, ils rament, comme tout le monde ils essayent de trouver des solutions et une organisation qui leur permet de vendre sur leur pas de porte. Au niveau de notre Office de tourisme du Pays rhénan, nous mettons en place un dispositif pour inciter les commerçants à s’organiser avec leur propre magasin numérique.

La commune aide aussi les plus démunis ?

Oui. Notre vigilance est quotidienne au niveau de notre commission communale d’actions sociales qui est très active. Nous aidons les plus démunis avec des bons alimentaires, par une présence, c’est quelque chose qui est rodé. On espère que les choses vont aller mieux rapidement, notamment pour nos aînés de l’EHPAD de Soufflenheim. Lors du premier confinement, nous avions organisé pour eux des actions de solidarité.

Croyez-vous que nous fêterons Noël ?

Je l’espère et j’y crois, ce temps de Noël est essentiel pour nos administrés, ils ont besoin de le fêter en toute sérénité. Dans le cas contraire, cela serait vraiment catastrophique.

Ça ne sera pas le même Noël qu’habituellement…

Oui, et nous le déplorons. Cette année, il n’y aura pas de marché de Noël, il n’y aura pas de Sainte-Lucie à Soufflenheim, c’est vraiment dommage. C’est dommage pour le commerce local, pour les potiers, mais nous ne pouvons pas prendre de risques inconsidérés et organiser ce genre de rassemblements. Nous allons essayer de faire en sorte, notamment grâce à notre site Internet et notre page Facebook, que ce mouvement de convivialité, que cette fête, que cette empathie existe.

Vous avez l’air optimiste ?

Oui, je le suis. Si tout le monde se serre les coudes, si tout le monde y met de la bonne volonté, avec un vrai sens des responsabilités, je pense que ça ira, mais il faut éviter les dérives et les actes de désobéissance civile.

Vous ne faites pas partie des maires qui se sont élevés contre le gouvernement avec des arrêtés ? Pourquoi ?

Je suis respectueux des directives préfectorales et ministérielles. Si les maires commencent à faire de la désobéissance civile, nous allons droit dans le mur. Si l’on a le sens des responsabilités, on fait corps, on est vraiment responsable. Nos populations méritent que nous restions soudés pendant cette période et tous ensemble je crois que nous allons vaincre cette pandémie.

Pensez-vous que cette période fera date, que l’on va, par exemple consommer différemment, donc beaucoup plus local à l’avenir ?

Je l’espère, mais il faut aussi que les commerçants fassent un effort. Il y a quelque temps on avait mis en place l’opération sourire. Certains commerçants ne gardent pas toujours leur enthousiasme et leur sourire, mais cette proximité avec la clientèle est très importante. Je suis relativement confiant et je crois que ça va perdurer.