Leïla Martin, Ses portes d’entrée sur l’Alsace

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Vous retrouvez les recettes de Leïla Martin très régulièrement dans Maxi Flash, alors, la sortie de son premier livre de recettes, l’Alsace enchantée (50 recettes inventives pour sublimer le quotidien, édité par La Nuée Bleue, 22 euros) est l’occasion de faire plus ample connaissance.

Passionnée par l’écriture depuis l’enfance, elle commence comme journaliste et s’oriente vers la gastronomie en réalisant des portraits de chefs pour Saisons D’Alsace, avant de lancer son blog, il y a presque cinq ans. En 2014, elle gagne le concours Chefs à Bord sur Alsace 20 et rejoint France 3 Alsace en 2017.Leïla Martin présentera son ouvrage le 1er décembre de 15h à 17h à la Maison de la presse de Haguenau.

Vous êtes née à Dax, d’une mère marocaine et d’un père franc-comtois qui travaillait dans le bâtiment et qui avait la bougeotte. Votre famille déménageait souvent, plus de trente fois, avant de se fixer en Alsace quand vous aviez quinze ans. Votre double culture est un avantage ?

L’Alsace est la région dans laquelle je me suis construite. Enfant, avec des parents de culture différente, je me demandais qui j’étais, je me sentais sans racine. Ce qui est dingue c’est que je viens, avec « ma tête d’arabe », raconter la cuisine alsacienne, et vous n’imaginez pas les messages de gratitudes, les témoignages que je reçois, c’est hyper émouvant. Les gens sont beaucoup plus ouverts et bienveillants qu’on ne le pense. Ils se sont appropriés mon blog.

Un mot sur ce blog (jevaisvouscuisiner.com) que vous avez lancé il y a quatre ans et demi !

Je raconte des histoires, c’est toujours positif, je tourne souvent les choses en dérision, je me moque de moi-même, le ton est joueur et espiègle. Les recettes nous renvoient à l’enfance, ce sont des madeleines de Proust, je crois que cela fait du bien.

Votre livre commence par ces mots : « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voué un culte à la nourriture… ». Sa parution est un tournant dans votre carrière de journaliste gastronomique ?

Ce livre est un aboutissement et sans doute le début d’autre chose. Cela me permet de rencontrer ceux qui suivent mon blog. J’ai passé quelques nuits blanches pendant la fabrication.

J’ai enrichi les recettes du blog (quinze sont dans le livre) avec des nouveautés ; pendant plusieurs mois, j’ai fait 35 nouvelles recettes. Le plus compliqué était de faire les fiches techniques, parce que j’imagine une recette, le scénario, le déroulement, mais je fais beaucoup d’ajustements.

Les recettes sont à la portée de tous ?

Oui, elles sont faciles à réaliser, elles sont inspirées des traditions alsaciennes, mais c’est aussi très ouvert sur le monde. Par exemple les Grumbeerekiechle et bien d’autres. Avec ces 50 recettes, j’ai envie que les gens s’amusent en cuisine, qu’ils se fassent plaisir, qu’ils fassent plaisir à leurs proches. La cuisine, c’est joyeux, c’est simple. Ce livre est fait pour créer de la convivialité.

Pourquoi écrivez-vous que la cuisine alsacienne est libre ?

Parce qu’elle porte en elle le métissage des cultures. On s’est approprié la longue histoire de cette terre de confluence. Moi, je ne fais que la pousser un peu plus loin. J’aime son côté joyeux et gourmand. Pour cet ouvrage, j’ai insisté là-dessus en utilisant les recettes traditionnelles et en ajoutant des saveurs orientales. Par la gastronomie, je me sens très Alsacienne.