Le site d’e-commerce Wish ciblé par la répression des fraudes

Régulièrement pointé du doigt pour ses méthodes publicitaires douteuses, le site de vente en ligne, quelques jours seulement après l’annonce de son introduction en bourse (le 20 novembre), pourrait subir de lourdes sanctions judiciaires.

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La semaine dernière, le quotidien régional Ouest-France rapportait que la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) serait en train de boucler une enquête de plusieurs mois accusant Wish, l’un des sites d’e-commerce les plus populaires en France, de contrefaçon, de spots publicitaires mensongers, de fausses promotions et d’arnaques régulières.

Si l’enquête venait à aboutir, ce précédent pourrait placer le site dans le collimateur de plusieurs législateurs antifraude partout dans le monde, créant un appel d’air pour une renégociation globale des lois qui encadrent les géants du e-commerce en matière de fraude.

Des petits prix qui font de grosses arnaques

À la différence d’Amazon, d’eBay ou du français LeBonCoin, la plateforme Wish se concentre sur la vente de produits bon marché, principalement fabriqués en Chine. Selon la DGCCRF, depuis son lancement en 2011, les articles vendus sur Wish seraient
« trop souvent présentés comme de très fortes promotions » (jusqu’à -90%), particulièrement attractives pour le consommateur, mais dénuées de toute réalité économique, car calculées sur des prix de base trompeurs. En plus de ces produits mal étiquetés et à l’origine parfois douteuse, l’agence accuse le site de financer des publicités agressives sur les réseaux sociaux pour des articles qui ne seraient même pas en vente dans leur boutique. Les responsables du site encourent plusieurs dizaines de millions d’euros d’amende.

Vers une législation du e-commerce renforcée ?

Le secrétaire d’État au numérique, Cécric O, a réagi sur Twitter, rappelant que Wish s’était déjà distinguée pendant le 1er confinement en vendant des masques ne respectant pas les normes. Dans les pages d’Ouest-France, ce dernier a appelé nos voisins à réfléchir pour modifier la législation numérique. Il en a profité pour annoncer qu’une nouvelle loi étendra bientôt l’éventail des sanctions sur Internet : blocage temporaire des ventes, affichage d’avertissements sur les sites indélicats et contrôles plus réguliers.
« La France milite pour une responsabilité accrue des plateformes d’e-commerce au niveau européen. Il faut faire le ménage sur certaines pratiques », conclut-il. 

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