Le secret des banques d’image

Tout le monde ne dispose pas des compétences techniques d’un photographe ou d’un illustrateur, et les créateurs de sites internet n’ont pas forcément les ressources financières pour acheter l’exclusivité des droits d’une image. Les banques d’image en ligne constituent alors un bon compromis : elles permettent d’accéder à des millions de photos et de vidéos de qualité et libres de droits.

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser, libre de droit ne veut pas forcément dire gratuit. Bien qu’il soit possible d’y télécharger des millions d’images sans débourser un sou, les banques d’images proposent principalement des contenus payants. Cela signifie qu’une fois acquis – en les achetant ou non – les contenus peuvent être utilisés librement sans payer de redevances à l’auteur ou au site.

Shutterstock, Adobe Stock (ex Fotolia), Dreamstime, iStock ou encore 123RF (pour les banques d’image les plus connues) sont des outils de travail privilégiés pour les graphistes, blogueurs ou journalistes. Les artistes qui cherchent à arrondir leurs fins de mois peuvent ainsi y voir une opportunité de propager leurs créations tout en gagnant un petit complément de salaire. En devenant contributeur d’une banque d’image, ils vendent une partie ou la totalité des droits de leur création au site, lequel revend en masse le contenu, qui peut par la suite permettre la création de publicités ou d’articles de journaux.

Comment cela fonctionne ?


Les banques d’images ont chacune leurs spécificités ; tant dans la richesse de leur catalogue, les types de documents qu’elles proposent (parfois des musiques ou des vidéos) ou leur fonctionnement économique (contenu vendu à l’unité, abonnements payants ou accès gratuit). Par exemple, la licence par défaut sans abonnement de Shutterstock, le leader mondial, permet d’utiliser des contenus sans avoir à payer une redevance pour chaque utilisation. Cela n’empêche qu’il faille parfois donner le crédit de l’image lors d’un usage éditorial : sur un blog ou sur un site par exemple, Shutterstock recommande le format suivant : « Nom de l’artiste/Shutterstock.com ».

D’une manière générale, les banques d’images refusent les contributions tendancieuses mettant en avant des marques (logos, slogans), les contenus pornographiques ou ceux faisant la promotion de causes politiques. Lorsqu’elles sont payantes, les photos sont d’un prix très variable en fonction de leur taille ou de leur qualité.

La question des droits d’auteur

Après l’achat, les droits restent réglementés par une licence d’utilisation ; vous pouvez utiliser ces images, mais elles appartiennent encore au site, qui peut toujours en disposer et les vendre à d’autres personnes. Si l’image plaît, elle peut même devenir virale et rapporter beaucoup. Le recours aux banques d’images permet non seulement d’accéder à une large bibliothèque de multimédias, mais permet aussi de certifier l’origine des documents, évitant certains problèmes lorsqu’un utilisateur récupère une image sur internet pensant qu’elle est libre de droit.

Dans une affaire jugée l’an dernier par la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE), un photographe professionnel avait donné l’autorisation à un site de voyages d’utiliser l’une de ses photos. Celle-ci avait ensuite été «récupérée» sans autorisation par une écolière, l’ayant à son tour utilisée dans un exposé publié sur le site de son école. Le photographe a engagé des poursuites à l’encontre de l’école souhaitait faire interdire l’utilisation et la reproduction de sa photo. La CJUE a donné raison au plaignant : l’autorisation donnée par un photographe à un site internet ne vaut pas pour d’autres sites. L’organisme expliquant que la «mise à disposition de l’image à un nouveau public» nécessitait « une demande d’autorisation spécifique » auprès de l’auteur de la photo.

Par ignorance ou parce qu’ils pensent ne jamais être découverts, beaucoup d’internautes ne respectent pas les droits d’auteur : chaque jour, ce sont des millions d’images qui sont téléchargées, reproduites ou utilisées sans autorisation. Au-delà d’être illégale, cette pratique peut coûter cher : la violation du droit d’auteur est punie par la loi d’un maximum de 300 000 € d’amende et de 3 ans d’emprisonnement (Code de la propriété intellectuelle, art. L335-2).