Le quart d’heure de Line #8

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Line BJ

Chez moi derrière la lune, hender’m Mond d’Heim, on est quelques-unes, guidées par l’amour, à avoir fait ce choix de vie : être Büresfrau (épouse de paysan) ! D’ailleurs, on peut parfois s’entendre dire : «Hech ken Herr g’hirotè, awer à Bür !» (tu n’as pas épousé un seigneur, mais un paysan) ! Et ça commence au réveil, lorsqu’à la place de notre homme dans le lit, «esch è Kältè» (il y a un grand froid)! Puis, dans la cuisine, «à leeri Kaffetàss» (une tasse de café vide). Notre homme est déjà «àn dè Luft» (au grand air) dans un engin qui varie selon la météo et la saison. On se demande quel sera le contre-temps de la journée ! Qu’on soit employée à la ferme ou qu’on travaille Üsswartz (littéralement, à l’extérieur), on sait déjà qu’on va «sich met em Sorriè machè» (s’inquiéter avec lui). Pour l’animal blessé, le champ imparfait, la récolte compliquée, le prêt à payer, «zu viel Rajè oder zu Trockè» (trop de pluie ou la sécheresse). On se réjouit de ses réussites, on le soutient dans l’ombre, on le seconde pour le «Papierkràmm» (la paperasserie), on partage «siner Stoltz» (sa fierté). Mais on peut être sereine, notre homme «het à Lesung ver alles» (a une solution à tout), les pieds sur terre et la tête bien faite ! Qu’il faille sortir la voiture du fossé ou réparer le grille-pain, «er het s’Gcherr dèfer» (il a des outils pour ça). Et le soir à l’heure du dîner en famille, lorsque le «Hossèbipser» (littéralement «sonnerie du pantalon» = portable) retentit, que notre homme, fatigué de sa journée, quitte humblement la table pour une énième tâche urgente, on sait que ce sera encore du «Uffgewärmtes» (du réchauffé). Un seul doute subsiste : quelle heure sera-t-il lorsqu’on pourra mettre ses «Schaffhossè» (pantalons de travail) dans le lave-linge puis enfin s’endormir in sini starikè Arm (dans ses bras robustes) au bronzage paysan !

Line

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