Le quart d’heure de Line #2

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Caroline Bene Jung

Chez moi derrière la lune, hender’m Mond d’Heim, un rien peut nous divertir.

C’est ce que nous a fait remarquer notre fiston, l’autre soir. En effet, lorsqu’il nous découvre, son père et moi, côte à côte ùffs Canabett (sur le canapé), les yeux rivés sur le Holtzoffè (poêle à bois) dans lequel danse un feu réconfortant, brengt er (il « ramène » = il s’exclame) :

« C’est le Glotzkaschtè (la boîte à «zieuter» = télé) que l’on n’a pas que vous regardez là ? ».

Si nous n’étions pas si absorbés par le spectacle des flammes virevoltantes et des couleurs hallucinantes, nous aurions pu répondre que Ja (oui)…enfin que (non) ! Que contrairement aux apparences nous n’étions pas en train de Zitt verlerè (perdre du temps) ! Parce qu’après quelques minutes à glotzè (mater), happés par ce Kinès (cinoche), c’est ganz gemetlich (tout en douceur) que nous quittons cet état hypnotique et que nous pouvons proclamer en pleine conscience : pas de télé, pas de regrets !

S’beschtè esch (le mieux c’est) qu’on n’a même pas eu envie de schaldè (zapper), qu’on n’a pas eu besoin d’y rester Stundè lang (des heures entières) pour un semblant de détente, qu’on ne s’est pas battus pour le Drecker (le «presseur» = la télécommande) qu’on n’a pas vu des choses qu’on ne voulait pas voir, qu’on n’a pas été incités à manger des Knackibeurk, qu’on n’a, certes, pas appris grand chose, mais au moins on s’est guet unterhaltè (bien divertis) !

CBJ

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