Le Professeur

Le Hoerdtois Vincent Klein a rangé ses crampons pour débuter une carrière d’entraîneur. Des débuts originaux pour celui qui est aussi enseignant dans la vie, puisqu’il a pris en charge les U19 féminines du FC Vendenheim.

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Il est volubile, il aime parler, au grand dam de sa femme ou de ses filles. Mais c’est un atout de premier choix dans sa profession comme dans sa passion. Enseignant pour élèves en difficultés, il doit trouver les mots dans des situations compliquées. Et pour coacher des filles, il faut aussi un peu plus de diplomatie qu’avec des garçons. « Les filles sont plus à l’écoute, elles sont plus dans l’analyse, les regards », note Vincent. « La relation qu’elles peuvent avoir entre elles est peut-être plus importante que le résultat ou la performance. »

Après une carrière de gardien de but plus qu’honorable qui l’a mené de l’AS Hoerdt à Obernai, en passant par le FCSK06, le Vauban, le FC Sélestat ou encore Ernolsheim sur Bruche, Vincent Klein a dû se faire une raison après une blessure à l’épaule. Il terminera sa carrière là où elle avait commencé, à Hoerdt, avant de raccrocher pour de bon à 32 ans et de partir deux ans à Berlin dans le cadre d’un échange franco-allemand avec l’éducation nationale. « On a pu acquérir un peu de culture, comparer les deux systèmes éducatifs », raconte l’enseignant. De retour en Alsace, il a vite replongé, comme entraîneur des gardiens à Molsheim. Et puis son vieil ami Nicolas Both, le coach du FC Vendenheim l’a contacté pour lui offrir un poste auprès des U19. « Il connaît mon sérieux, mon investissement. On travaille en binôme avec Quentin Maurer, qui est plus jeune, il a 24 ans. Lui c’est plus la partie tactique, les détails. Moi, j’ai plus d’expérience, je vais plutôt m’occuper de la causerie, les ingrédients à mettre dans le match. »

Si l’on ne peut pas comparer le foot masculin et le foot féminin, notamment sur le plan physique, il y a une constante : « Si tu gagnes les duels, tu gagnes les matchs. » Alors Vincent n’hésite pas à confronter ses joueuses à des jeunes joueurs. Des U15 nationaux par exemple. « Elles hésitent à mettre le pied, mais quand elles y arrivent, on voit qu’on arrive à garder la balle, la faire tourner. Techniquement, tactiquement, on n’a rien à envier. »

Le regard pétillant, Vincent Klein semble prendre beaucoup de plaisir, malgré des déplacements longue distance, qui bouffent une dizaine de week-ends par an. « C’est une responsabilité de conduire le minibus avec les filles. Mais on passe de bons moments, on découvre des installations incroyables, comme quand on va à Lyon ou Dijon. Et puis on se confronte à des centres de formation, à des entraîneurs dont c’est le boulot à plein temps. » Assez de bonnes raisons de plonger pour de bon dans le foot féminin ? « Quand on m’a proposé le poste, je me suis dit que c’était une bonne opportunité. Le foot féminin est en pleine expansion, il y a la coupe du monde qui arrive en France… Pour le reste, on va déjà finir cette saison, et on fera un bilan. »

On sait déjà qui il faudra convaincre, mais il paraît que c’est off.