Le gouvernement chinois interdit l’anonymat dans les jeux vidéo

A partir de cette semaine, l’anonymat dans les jeux vidéo sera proscrit en Chine. Désormais, tous les joueurs, mineurs ou non, seront obligés de donner leur nom complet à leur inscription sur des plateformes en ligne. Il s’agit d’une première mondiale pour le moins inquiétante, alors que le sujet de l’anonymat sur le web cristallise régulièrement les débats autour de la liberté d’expression sur Internet.

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De l’autre côté du globe, à Pékin, on s’inquiète du soft-power de ses voisins. Coincée entre le Japon et la Corée du Sud, deux nations qui portent fièrement le jeu vidéo en relique nationale, la Chine entretient une relation tumultueuse avec l’industrie vidéoludique et s’est toujours montrée méfiante quant à son impact sur la jeunesse. Les constructeurs étrangers comme Sony ou Nintendo (PS3/PS4/Nintendo DS/Nintendo Wii…) n’ont, par exemple, eu l’autorisation de commercialiser leurs consoles là-bas qu’en 2014, et cela fera bientôt deux ans que les joueurs de moins de 18 ans ont l’interdiction de jouer aux jeux vidéo en ligne après vingt-deux heures.

Une politique qui va en s’aggravant

L’an dernier, le pays avait déjà renforcé ses limites, en interdisant aux mineurs de jouer plus de 90 minutes par jour le week-end, et 3 heures pendant les vacances scolaires, un rêve pour les parents. Comme dans les autres secteurs de l’industrie, le gouvernement chinois contrôle tout et justifie régulièrement ses décisions par une politique de prévention contre l’addiction aux jeux vidéo, que le régime perçoit comme l’un des grands fléaux du productivisme chinois. Voilà plusieurs années que le gouvernement met la pression sur les entreprises pour que les joueurs renseignent leur date de naissance et leur numéro de carte d’identité lorsqu’ils s’inscrivent sur des plateformes de jeux vidéo en ligne.

Les restrictions n’empêchent pas le succès

Les systèmes de vérification d’identité, déjà mis en place par Tencent ou NetEase, les deux plus grandes entreprises du secteur en Chine avaient déjà pris de l’avance en mettant en place ce système de dés-anonymisation. Pourtant, selon le South China Morning Post, les ventes des jeux chinois ont bondi de plus de 22 % au début de l’année, pour atteindre 139,4 milliards de yuans (19,9 milliards de dollars américains), a annoncé le China Digital Entertainment Congress (CDEC) au début du mois d’août.