Le BMW X3 30e sonne la charge

L’Hélice poursuit l’électrification de sa gamme à marche forcée. D’ici à la fin de l’année, tous les modèles du constructeur présenteront une version électrifiée. Le BMW X3 accueille ainsi pour la première fois une motorisation hybride rechargeable. Pertinent ?

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BMW n’a pas attendu les injonctions de l’époque pour ouvrir ses bras à la fée électricité. L’i3, aboutissement d’une longue série de recherches et de tentatives, arpente les routes du monde depuis 2013. À cette époque, peu de constructeurs croyaient en l’avenir du véhicule électrique. L’Hélice avait déjà eu ce genre de vision prémonitoire au début des années 2000, en ajoutant un chromosome X à ses modèles. Bien avant que la vague des SUV ne submerge l’industrie automobile, le X3, X4 et X5 faisaient ainsi leurs gammes.

Depuis, la concurrence s’est organisée et ce sont les marques généralistes qui semblent avoir pris la main sur l’innovation. Hyundai et Kia, par exemple, ont été les premiers à dégainer un modèle, le Kona et le Niro, qui était déclinable à la fois en électrique, en hybride, en hybride rechargeable et en thermique essence ou diesel. Peugeot a suivi de près avec sa 208 et sa 2008.

BMW a encore un peu de temps sur le segment premium, mais la tendance est là : il s’agit désormais de concevoir des plateformes pouvant accueillir sans peine toutes les motorisations possibles. D’ici la fin de l’année, tous les modèles du catalogue de l’Hélice disposeront d’une version hybride rechargeable. Le X3 n’échappe pas à cette évolution. Mieux, l’iX3, 100 % électrique est déjà dans les cartons.

Bien sous tout rapport

La version 30e est ainsi la première déclinaison électrifiée du X3. Une petite révolution pour un constructeur qui a bâti sa légende sur ses moteurs thermiques. Esthétiquement, rien ne distingue vraiment ce modèle. La remarquable plateforme de la Série 5 est toujours de la partie et offre de généreuses mensurations : 4,70 m de long, pour 1,89 m de large et 1,68 m de haut. Seule la trappe implantée sur l’aile avant gauche rappelle qu’il s’agit ici d’une version électrifiée.

À l’intérieur, le jeu des sept différences ne sera pas non plus aisé à résoudre. On remarque la présence d’une touche eDrive sur la console centrale. Cette commande permet de naviguer entre les modes de conduite Auto eDrive, Battery control et Max eDrive, en plus de ceux existants. L’habitacle est toujours aussi bien fini et accueillant… à l’exception du coffre qui perd 100 litres (450 l) dans l’opération. C’est le prix à payer pour bénéficier d’un bloc électrique de 113 ch qui vient prêter main-forte au moteur 4-cylindres 2 l essence de 184 ch, celui du X3 sDrive20i, vendu 11 400 € de moins hors malus. La puissance totale est ainsi portée à 292 ch. La batterie délivre 11,15 kWh.

Avec l’aide de la navigation, l’ordinateur de bord peut gérer sa vitesse et sa consommation en fonction des conditions de circulation ou de l’itinéraire. Par exemple, le X30 gardera un peu de batterie si la destination finale se trouve en ville, afin de pouvoir y rouler en 100 % électrique. L’autonomie électrifiée est d’environ 40 km. Il faut garder à l’esprit qu’une fois la batterie vide, le moteur thermique devra assumer seul le surpoids du SUV (250 kg de plus), ce qui entraînera des consommations salées. En fonctionnement classique, celles-ci s’établissent à environ 5,5 l/100 km, ce qui une belle prouesse. Il faut compter 6 h pour tout recharger sur une prise domestique et 40 minutes à 130 km/h, avec un appétit qui monte en flèche.

Malheureusement, les tarifs élevés du X3 30e, entre 59 600 et 69 050 € ne lui ouvrent pas les portes du bonus. Dommage, car la proposition est pertinente.