La vie reprend

Le tennis a été le premier sport à pouvoir reprendre dans des conditions à peu près normales et acceptables d’un point de vue logistique. Lionel Mangold, le secrétaire général de la Ligue du Grand Est, a répondu à de très nombreuses interrogations ces dernières semaines.

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Maxi Flash : Lionel, j’image que la période de confinement a été agitée…

Lionel Mangold : Tout le monde était en stress, les clubs ont été fermés dans la précipitation. Il a fallu calmer tout le monde et dédramatiser un peu la situation. On a passé tout l’écosystème en revue pour voir qui avait vraiment subi dans cette crise. J’ai passé des heures au téléphone tous les soirs avec les dirigeants, les arbitres, les joueurs…

La fédération a aussi vite pris le relais dans cette crise…

Oui, elle a vite dit « on ne laissera pas tomber nos clubs », et elle a sorti le chiffre de 35M d’euros. Boum. Au niveau des ligues, on a aussi dû mettre au panier. On a par exemple remboursé les taxes tournois aux clubs. On n’était pas obligé, mais on l’a fait.

Le tennis, ça va de tout en haut à tout en bas !

On aide à tous les niveaux. Prenons l’exemple des Internationaux de Tennis de Strasbourg. Ils sont reportés en septembre, mais s’ils avaient été annulés, ils auraient quand même touché les aides de la FFT, parce que du travail avait été engagé. Pour les arbitres internationaux, comme Alex Robein, c’est zéro revenu, donc il y aura une aide pour juste vivre pendant cette période. Ensuite un joueur comme Dan Added, qui est 380e mondial, on va aussi l’aider. Après, pour les joueurs du circuit ATP, ce qui est difficile, c’est la différence de revenus entre une bonne et une mauvaise série. Si le joueur fait 5 tournois en se faisant sortir au premier tour, c’est pas pareil que s’il fait 5 fois finaliste ou demi-finaliste. Là aussi, il faut trouver les bons arbitrages.

Et les petits clubs ?

C’est parfois une question de survie. Avec les 35M€ on a de la marge. On va donc demander à chaque dirigeant de s’inscrire sur une plateforme* et de nous détailler le manque à gagner avec l’absence de tournois ou d’événements qui génèrent des recettes. On va travailler en confiance. L’argent sera versé d’ici fin juin, mais le dispositif reste valable jusqu’à juin 2021, parce qu’on ne sait pas s’il y aura encore des conséquences à la rentrée, comme pour le nombre d’inscrits par exemple.

Et pour la suite ?

Certains joueurs disent : « pas de vaccin, pas de compétition ». À voir. Roland Garros, à huis clos, on sauve les droits TV. On pourrait se passer d’un Roland Garros, pas de deux. Ce qui est dommage c’est qu’au niveau des licenciés, on était à +2% dans le Grand Est, et là, on passe à -0.60%. Et encore, on ne s’en tire pas trop mal. Quelques clubs ont été malins et ont proposé des cotisations aux footballeurs et handballeurs pour qu’ils viennent jouer au tennis.