La Revue Scoute arrive à Bischwiller

Comment dit-on ? La revue Scoute ou les Scouts ? Dans les deux cas, on désigne le spectacle qui cartonne en Alsace depuis plusieurs décennies et qui, comme chaque année, est attendu de rire ferme, les 4, 5 et 6 avril, 20h30 à la MAC de Bischwiller.

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©Acte 5 Marc Dossmann

Ici, comme partout où elle passe, la Revue Scoute est une institution, avec son jeu de mots annuel qui lui sert de titre, toujours bien vu, en 2019 se sera : Impôtscalypse now ! La Revue fêtera sa 35e édition et ses 40 ans à la MAC.

45 000 personnes ont vu ce spectacle l’an dernier, un chiffre colossal et unique dans l’hexagone en dehors de Paris. La Revue Scoute est un cabaret satirique en français, portée par une troupe composée de huit comédiens (dont Patricia Weller et Denis Germain, toujours fidèles) et quatre musiciens (avec un certain Matskat). Chaque année, les artistes revisitent les petits et les grands événements de l’année en se permettant de rire de tout, de la politique locale et nationale, des faits de société et de nos travers, là où ça
grince en fait. Pendant plus de deux heures se succèdent des sketches, des tableaux et des chansons parodiques, avec plus de cent costumes, de la musique et des effets parfois très spéciaux. La Revue Scoute se produit plus de 40 fois à Schiltigheim, avant de partir en tournée mondiale entre Sélestat, Ribeauvillé et donc Bischwiller. Les trois soirées de la Mac promettent d’être formidables. Les fans ont déjà acheté leur ticket d’entrée depuis bien longtemps.

L’histoire commence en 1979

L’incroyable histoire de la Revue Scoute commence à la fin des années 70, dans le Café-Théâtre de l’Ange d’Or à Strasbourg, rue des orphelins. Ils sont quatre, dont celui qui est toujours metteur en scène Dany Chambet-Ithier, mais aussi Murielle Kiener, Patrick Missoffe et Patrick Chevalier. Ils écrivent rapido un spectacle baptisé
« Quand le scout est perdu… Le scout erre », programmé pour quelques jours: « Ça a tellement cartonné que nous avons prolongé après les huit dates de l’été, nous avons dû jouer cinq ou six semaines de
plus »
, se souvient le metteur en scène. L’année suivante, ils remettent ça, et puis, alors que tout le monde les avait
« oubliés », en 1984, ils reviennent pour les 10 ans de l’Ange d’Or. La troupe s’étoffe, et en 1988, les Scouts plantent leur tente à Schiltigheim. Rien ne peut plus les arrêter, les années se suivent et le succès grandit. 

Aujourd’hui, c’est un succès que le metteur en scène n’explique pas vraiment, il parle plutôt d’une construction progressive :
« Après les deux premières années, on en a fait un autre, mais on n’avait pas du tout l’intention de continuer, c’était simplement des gaudrioles de café-théâtre, mais à Schiltigheim les programmateurs de l’époque, Pierre Raby et Dany Mahler, nous ont proposé de venir. Les premiers temps, on a joué deux ou trois semaines, et d’une année sur l’autre, on a rajouté une semaine, puis deux semaines, puis nous sommes passés à la salle des fêtes et tous les ans, nous avons rajouté des dates. Je n’explique pas le phénomène, c’est simplement un spectacle de divertissement qui fonctionne bien », affirme-t-il avec la modestie qui l’habite, mais très fier du travail accompli.

La tournée passe par Bischwiller 

Depuis quelques années, après une quarantaine de dates à Schiltigheim, la troupe part en tournée : « La MAC est l’une de nos premières salles ailleurs qu’à Schiltigheim. À l’époque, c’était Christian Winterhalter le directeur, c’est l’une de nos plus grandes salles. 750 personnes, c’est presque 200 personnes de plus qu’à Schiltigheim. C’est le même spectacle, mais comme nous arrivons après plus de quarante représentations à Schilick, il est vraiment rodé », explique encore Danet Chambet Ithier. D’habitude, la Revue évolue au fil des jours, mais pas cette année. Pour la première fois, aucun sketch n’a été coupé. Elle dure environ 2h15, même si le Duo Patricia Weller/Denis Germain commence à 6 minutes et finit à 12, « mais c’est normal, et en même temps ça fait rire », conclut Dany, un metteur en scène toujours exigeant et vigilant, car la difficulté est d’éviter de refaire le même spectacle que l’année précédente. Il faut trouver une nouvelle scénographie, de nouvelles idées, de nouveaux comédiens parfois. Au total, une centaine d’artistes se sont succédés depuis 1979, et pour toute la troupe, faire partie de cette grande famille n’est pas anodin, car La Revue Scoute, aura marqué incontestablement l’histoire de l’Alsace.

Texte de présentation du spectacle 2019

Et puis, Juste pour rire, le texte de cette scène qui se passe dans un appartement, sur un canapé. Deux potes surfent sur leur tablette ultra- connectée : Gérard, la cinquantaine avancée et Robert, même profil, calvitie mal assumée. Ils sont en train de consulter le programme des sorties et spectacles en Alsace. Ils ont une pointe d’accent… 

Gérard : Ils programment encore la Revue Scoute à la MAC ? C’est un délire de vieux. Même mon rep il y va pas, tellement c’est naze.

Robert : T’es ouf ! Moi j’y étais l’année dernière, c’est top, ça le fait ! C’est avec des comédiens qui déchirent. 

Gérard : T’as fumé ou quoi ! Ça fait 40 ans qu’ils font la Revue Scoute ! Ça craint grave. Ça refoule… C’est has-been.

Robert : Mais non, j’te dis. En plus, les musicos assurent  sévère. Du  bon  son, tu  verras, ça  claque !
Gérard : Ah bon y a aussi d’la zic ? J’croyais qu’c’était comme du Jamel Comedy Club ? 

Robert : Ouais ! En mieux ! J’te promets, c’est canon !

Gérard : Ok Roby ! Je prends deux places. Mais si c’est nul, tu m’payes un coup ! 

Robert : Deux mois plus tard, les mêmes à la sortie de la salle de spectacle.

Gérard : T’avais juste, man ! C’est trop swag, la Revue Scoute !

Robert : Viens, on va réserver pour 2020…  

À partir de 12 ans, Tarif plein 25 euros. 

03 88 53 75 00 – www.mac-bischwiller.fr