La révolution 5G

En France, le rendez-vous avec la 5G est fixé au milieu de cette année. La cinquième génération des standards en matière de téléphonie mobile succédera à la 4G, logique, alors que cette dernière est toujours en cours de déploiement, du coup, les deux technologies coexisteront quelque temps. Alors que des voix se lèvent pour alerter du danger pour la planète, il s’agit d’une révolution aux atouts déjà connus : les débits seront jusqu’à 10 fois plus élevés que ceux de la 4G (on pourra télécharger un film ultra-HD en moins d’une minute) et le temps de latence divisé par 10, un temps de réponse d’à peine une milliseconde.

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Les connexions mobiles simultanées seront plus importantes et l’engorgement des réseaux réduit. La 5G pourra gérer les transmissions de données, mais aussi la connexion des objets, on parle d’un million d’objets par km2, car tout est devenu connectable.

Les promesses et les performances annoncées spectaculaires de cette nouvelle norme permettront à de nombreux domaines d’en profiter : n’importe quel contenu audiovisuel sera chargé instantanément en haute et en très haute définition (vidéo 4K, vidéo en 3D..), les jeux seront diffusés directement en streaming entre l’utilisateur et les serveurs et stockés dans le Cloud. “Pour le consommateur, nous serons dans la continuité : l’essentiel des nouveaux usages va se situer du côté des entreprises”, affirme Jean-Paul Arzel, directeur réseau de Bouygues Télécom. C’est une grande évolution. En effet, la très faible latence ouvre des perspectives dans l’industrie (automatisation, robotique, pilotage à distance), les transports (autonomisation, liaisons entre véhicules), les productions pourront être ajustées en temps réel : « 0n peut imaginer que, dans les usines qui fabriquent des voitures par exemple, l’on pourra supprimer tous les câbles, on pourra affecter aux robots des actions critiques », affirme Gilbert Marciano de chez Nokia. Les domaines de la santé (télémédecine, téléchirurgie, surveillance à distance) et de la ville (territoires connectés, sécurité publique, maîtrise énergétique) seront également transformés, avec une fiabilité extrême.

La 5G, un monstre écologique ?

Même si l’équation comporte encore quelques inconnues, il est certain qu’avec la 5G nous seront encore plus connectés. Lancée en avril dernier aux États-Unis et en Corée, elle réunit déjà 20% du trafic. Très décriée avant sa mise en place, et notamment en France, cette nouvelle norme serait moins énergivore pour certains, car une technologie permet d’émettre uniquement en cas de communication, les antennes ne consommant pas en état de veille. Mais leurs arguments des « pour » ne s’arrêtent pas là, ils affirment que les normes définies par l’OMS seront respectées, que tous les produits déployés en 5G seront inoffensifs, et, comme une antenne 5G est l’équivalent de 10 antennes Wifi, le bilan serait meilleur.

Pour les « contre », nous sommes dans l’euphorie du développement technologique et les griefs sont nombreux : surenchère d’ondes, hyperconnexion, obsolescence annoncée des smartphones et un coût environnemental qui pourrait s’avérer désastreux. La nouvelle norme de communication mobile consommera plus d’énergie, et c’est évidemment lié à la hausse du débit. Les antennes de téléphonie mobile devraient se multiplier et la question de l’exposition aux ondes se pose encore une fois. Un sujet suivi en France par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail qui reste prudente ; l’un des responsables de l’Anses relevait que les études sur les champs électromagnétiques ne permettaient pas “d’avoir une position définitive”.

Les nouvelles expériences vont se multiplier

Les smartphones, allégés de leurs encombrantes cartes graphiques et processeurs à plusieurs cœurs, seront plus autonomes. Nicolas Demassieux, le directeur recherche des laboratoires Orange, s’attend à d’énormes progrès sur l’efficacité énergétique: « On ne verra rien, mais cela va changer le monde”, déclare-t-il alors que les usages déjà connus seront vite dépassés par ceux qui restent à inventer. Chez Nokia, on réfléchit à la proposition d’une nouvelle expérience pour les JO, avec le Smart-Stadium. Dans ce genre de cas, le temps de latence permettra de réduire le décalage entre ce qui se passe sur le terrain et sur son smartphone, ce qui ouvre beaucoup de perspectives.

Depuis le 31 décembre 2019, les opérateurs (à priori Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile) peuvent candidater pour obtenir des fréquences en vue de fournir de l’ultra haut débit mobile. Entre cinq et dix villes françaises doivent être couvertes par la 5G dans les prochains mois. Ce sera le cas en 2025 pour les autres agglomérations et les principaux axes de transport. À ce moment-là, il est possible que la 6G soit déjà en train de prendre sa place.