La reconnaissance faciale : le progrès de trop ?

En reconnaissance faciale, dès qu’un appel d’air est créé, tout le monde s’y engouffre, et la technologie s’installe tranquillement dans tous les domaines économiques. La machine semble inarrêtable, alors qu’elle n’est pas encore parfaitement rodée.

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Initialement réservées à des fins d’identification policière, les technologies de reconnaissance faciale se sont aujourd’hui développées partout, autant dans le domaine public que privé. Cette technologie est de plus en plus performante grâce à la puissance des ordinateurs et à la progression de l’intelligence artificielle, mais les craintes à son égard sont nombreuses. Recensements de nos déplacements, droit à la vie privée et commerce des données personnelles : où va nous amener cette « surveillance permanente » ?

Une technologie qui prend du terrain

La Chine est un excellent exemple de progression en la matière. Cela fait quelques semaines déjà que les écoles chinoises se servent de la reconnaissance faciale pour faire l’appel de leurs élèves. Dans la même idée, et depuis 2019 également, ils testent un programme similaire pour accélérer le paiement des tickets de métro. Entre autres projets, on soupçonne même les autorités chinoises de se servir de procédés similaires pour surveiller la minorité musulmane ouïghoure, à l’ouest du pays.

Après le test d’Amazon go en 2018, magasin qui permettait aux clients de payer leurs produits avec leurs visages, Carrefour a lui aussi commencé le test de la technologie en printemps 2019 dans un supermarché de l’Essonne. Microsoft, autre géant de l’industrie projette également la création de boutiques utilisant la reconnaissance faciale : en somme, une application qui a de fortes chances de se généraliser.

Une technologie à problèmes

Si la technologie de reconnaissance faciale est de plus en plus performante, il existe cependant des risques de «faux positifs» : la qualité de l’analyse des visages dépend énormément du nombre d’échantillons déjà enregistrés, et ainsi certaines couleurs de peau ou certains traits seront mal perçus par des IA peu entraînées. Un problème si l’on s’en remet uniquement à la machine pour automatiser les processus.

Dans l’hexagone, la reconnaissance faciale est interdite dans les lieux publics, la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) veille à ce qu’il n’il y’ait pas d’excès, mais si notre gouvernement semble être à la page de ces problématiques, des entreprises pourraient exploiter les failles de la législation, pour, après nos adresses et habitudes d’achat, vendre nos visages.