La Police traque sur Google Maps

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Google Maps conserve un historique de localisation, comme de nombreuses autres données liées aux activités des utilisateurs. En plus d’être utile à ceux qui souhaitent garder une trace de leurs déplacements, cette base de données – baptisée Sensorvault – permet aussi à Google de faire des recommandations personnalisées. Une récupération qui questionne grandement la protection de la vie privée, sans compter que ces données de déplacement seraient parfois exploitées par la police pour « mener à bien » certaines enquêtes.

Procédure simplifiée

Aux États-Unis comme en France, la police peut dans certains cas et sur autorisation de la justice accéder aux données contenues dans nos smartphones. En l’absence d’une injonction du tribunal ou du consentement du suspect, les forces de l’ordre peuvent tout de même recourir à la collaboration des marques ou des fournisseurs comme Google, Apple et Microsoft. Selon le New York Times, les recours de ce type seraient en forte augmentation depuis six mois, atteignant environ 180 requêtes par semaine. Il faut dire que c’est pratique. Grâce à Google Maps, les services de police peuvent déterminer le lieu où un suspect se trouvait lors d’un crime, sa routine ou son alibi. 

Procédure sacrifiée

Si elle peut faire économiser du temps aux enquêteurs, l’utilisation de l’historique de Google Maps peut poser problème. La technique a déjà induit les autorités en erreur. Le New York Times cite notamment l’exemple d’un homme ayant été arrêté à tort aux Etats-Unis ; les données de localisation de son compte Google indiquaient qu’il était sur le lieu d’une fusillade, alors que la suite des investigations a orienté les enquêteurs dans une autre direction, menant à la découverte du véritable auteur du crime. 

Sans aucune autre preuve solide, ces données risquent de conduire à des erreurs.

Même si la géolocalisation peut aider la police à corroborer des témoignages et à incriminer des suspects, la récupération de ces données n’est pas toujours vue d’un bon oeil. Pour l’instant, la procédure se trouve dans une zone éthique et légale plutôt floue.