La nouvelle époque des commerces de proximité

Les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire ont profondément détérioré la situation des commerçants indépendants. Les achats en ligne ont grimpé et le trafic physique au sein des commerces a diminué. Les consommateurs se sont tournés vers Internet provoquant un véritable boom de l’e-commerce, mais cette période de crise est aussi une formidable opportunité pour les commerces de proximité, l’occasion d’être plus visible et d’accroître le trafic. Mais comment faire pour ancrer l’idée de la consommation locale dans l’esprit des consommateurs? Nous avons posé la question au président de la CMA qui est au quotidien très proche des artisans de la région et à Jessica Nguyen qui développe une jeune entreprise ambitieuse dans le commerce de proximité.

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Il se passe vraiment quelque chose, comme une prise de conscience. L’attrait pour l’achat de proximité est une réalité La vie ne sera plus comme avant et la façon de faire du commerce non plus. «Pendant la crise, les artisans se sont adaptés rapidement», explique Jean-Luc Hoffmann. 

« C’était logique dans l’alimentaire, mais nous avons par exemple un ferronnier d’art, privé de la Foire de Colmar ou de Strasbourg qui représentaient 30 à 40% de son chiffre, qui a embauché une jeune femme développeuse. Elle s’est occupée de sa page Facebook qu’une manière très pro et aujourd’hui, ses portails et ses œuvres de ferronnerie d’art de jardin se vendent partout en France, ce qui n’était pas le cas avant. La crise l’a obligé à s’ouvrir à d’autres horizons. Il refera les foires, mais il a trouvé un public plus large, et, à l’instar de restaurateurs qui font de l’emporté et qui continueront à le faire, il continuera à utiliser les réseaux sociaux pour mettre en avant ses produits ». Justement, c’est ce que propose FlipNpik, une plateforme dédiée aux commerçants et artisans de proximité : « L’idée est de récompenser la communauté de consommateurs qui créent du contenu en faveur des commerçants. C’est un complément aux réseaux sociaux qui peuvent très bien fonctionner, mais qui sont chronophages et ne récompensent pas les créateurs de contenu. Le principe est le même qu’une carte de fidélité », détaille Jessica Nguyen.

La consommation de produits locaux est-elle liée au développement de la digitalisation ?

Pour une société comme FlipNpik, la digitalisation des commerces de proximité n’est plus une option, mais une nécessité. « En Allemagne ils sont 75%. En France, 15% seulement des commerces sont digitalisés, soit avec une page sur les réseaux sociaux, soit un site internet. C’est un chiffre qui fait froid dans le dos. Le digital ce n’est pas seulement publier le menu du jour sur Instagram, c’est un moyen de communication », lance Jessica Nguyen. « Nous, on met les commerçants qui sont dans une petite rue, au cœur des Champs-Élysées ». Pour le moment, l’appli, encore confidentielle, propose deux types d’offres. La première est gratuite, les commerçants sont autonomes, ils sont référencés sur la plateforme web ou l’application mobile, c’est eux qui gèrent leurs contenus. La deuxième offre est un accompagnement sur le digital, pour 365 euros par an : une page sur le site, un référencement dans l’appli, ils seront en tête de gondole sur la page de leur ville, avec une stratégie sur les réseaux, un article qui permettra un meilleur référencement sur Google, des infos pour mieux comprendre le fonctionnement du digital. « On ne promet pas de multiplier le chiffre d’affaires par 4, mais d’améliorer la visibilité de nos clients, pour que les consommateurs de leur région et les touristes aient envie de pousser leurs portes plutôt que celles de la grosse industrie juste à côté ». En Alsace quelques commerçants et des ambassadeurs sont prêts, mais un plan de développement est prévu à l’automne. 

Jessica Nguyen, Directrice Europe de FlipNpik

Pour Jean-Luc Hoffman, qui représente 29 000 entreprises de l’artisanat en Alsace, « quand tu veux acheter une laitue, tu veux la voir ta laitue ». Cette manière de consommer va perdurer, il y existera toujours le lien entre le vendeur et le consommateur, mais la communication digitale des entreprises est devenue indispensable. Il donnait l’exemple de ce ferronnier d’art un peu plus haut : « Quand tu veux choisir ton carrelage, tu peux le faire de ton canapé, tu peux voir s’il ira bien dans avec ta peinture. Chaque artisan doit pouvoir s’approprier ces outils facilement. La CMA propose des diagnostics gratuits pour évaluer la situation et sur le plan national des aides au numérique existent », raconte le président de la CMA avant de mettre l’accent sur un slogan qui lui tient à cœur, le plus que jamais d’actualité Nos achats sont nos emplois. Pour lui, c’est ça la vraie défense de son territoire : « C’est bien beau de dire que l’on est profondément Alsacien, mais être Alsacien c’est aussi défendre l’économie du territoire et donc aller vers les commerçants établis sur ce territoire. Combien de fois entendons-nous les gens se plaindre et regretter de la disparition de leur boucher de proximité ? Ils disent que c’est quand même bien d’acheter deux tranches de jambon et 500 grammes de hachis, alors que la plupart du temps ils vont en grande surface ». Le petit commerce ne peut pas exister sans ses clients réguliers. C’est exactement le cœur du sujet : et si cette fois on consommait des produits locaux d’une manière durable ?

Jean-Luc Hoffman, Président de la Chambre de métiers d’AlsaceLes conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire ont profondément détérioré la situation des commerçants indépendants. Les achats en ligne ont grimpé et le trafic physique au sein des commerces a diminué. Les consommateurs se sont tournés vers Internet provoquant un véritable boom de l’e-commerce, mais cette période de crise est aussi une formidable opportunité pour les commerces de proximité, l’occasion d’être plus visible et d’accroître le trafic. Mais comment faire pour ancrer l’idée de la consommation locale dans l’esprit des consommateurs? 
Nous avons posé la question au président de la CMA qui est au quotidien très proche des artisans de la région et à Jessica Nguyen qui développe une jeune entreprise ambitieuse dans le commerce de proximité. 

Quelque chose est en train de changer !

Jean-Luc Hoffmann pense sans arrêt au futur des artisans de proximité. « Je constate que les consommateurs souhaitent consommer d’une façon de plus en plus vertueuse, mais il faut bien identifier ce qui est local et ce qui répond à ces nouveaux comportements. Il faut faire connaître les entreprises alsaciennes qui ont les mêmes valeurs. Dans quelques mois, nous mettrons en place une marque de promotion baptisée Artisans d’Alsace ». Elle sera adossée à la marque Alsace et déployée après les élections de la CMA en octobre, même si, et c’est peu probable, Jean-Luc Hoffmann n’est pas réélu président.   

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