La Lune, 50 ans après.

Le 21 juillet 1969, à 2h56 en temps universel (3h56, heure française), Neil Armstrong était le premier homme à marcher sur la Lune. Quelques instants plus tard, Buzz Aldrin l’imitait, alors que Michael Collins les observait en orbite. Les trois hommes de la mission Apollo XI rentrèrent sur Terre sans encombre. La Nasa envoya encore des astronautes sur notre satellite pendant trois ans. Mais depuis 1972, plus rien.

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©Vincent Camerano

Le cinquantenaire de l’événement coïncide également avec la volonté politique de plusieurs pays, dont les États-Unis (Trump l’a annoncé peu de temps après son élection), de relancer les voyages lunaires, on parle du 13e Américain sur la Lune pour 2024, pour des questions de budget, il pourrait s’agir d’un robot.

L’idée est d’installer des bases lunaires permettant de préparer des missions habitées vers Mars dans une vingtaine d’années, mais les coûts pour relancer la conquête spatiale sont astronomiques. Il faudra des prouesses techniques et un budget pharaonique pour parcourir les 225 millions de kilomètres qui séparent Mars de la Terre.

Le Japon, la Chine, la Corée du Sud et la Russie souhaitent aussi organiser des missions vers la Lune. Des entreprises comme Space X, créée par le patron de Tesla Elon Musk, ou encore Blue Origin, bébé du PDG d’Amazon Jeff Bezos, souhaitent, elles aussi, installer des bases pour permettre des voyages touristiques le plus vite possible.

©Vincent Camerano

Entretien avec un passionné Vincent Camerano

Le Haguenovien Vincent Camerano a 25 ans. De jour, il est responsable technique dans une agence de communication et depuis quelques années, de nuit, il scrute les étoiles et la Lune, pris de passion pour le domaine de l’astronomie et l’astrophotographie.

Depuis quand et pourquoi la Lune vous passionne ?

Ma passion pour l’astronomie a débuté en 2014, quand j’ai acheté mon premier appareil photo reflex. J’ai pratiqué la photographie de paysage pendant un temps, puis un jour j’ai tenté l’astrophotographie après avoir vu quelques vidéos sur le sujet. Mon premier cliché a été une révélation pour moi.

Pourquoi ?

Il n’était pas incroyable techniquement, il n’était même pas impressionnant quand on connaît les possibilités de l’astrophotographie, mais pour moi, il a révélé des étoiles que j’étais incapable de voir à l’œil nu. Suite à ça, j’ai tenté un maximum de m’éloigner de la ville et de sa pollution lumineuse pour capturer toujours plus d’étoiles. En déménageant à Strasbourg, j’ai eu de moins en moins l’occasion et le temps de faire ça, mais la Lune, c’est l’astre qui me permet de rester en contact régulier avec l’astronomie, même à Strasbourg. Qu’importe la pollution lumineuse, on la voit parfaitement d’ici ! Je recommande fortement une vidéo incroyable de Nébuleuse et Cacao qui m’a grandement ouvert l’esprit sur ce qui rassemble les passionnés du domaine.

Vous l’observez régulièrement ?

J’essaye de prendre le temps de l’observer souvent, aux jumelles, plus rarement au télescope, ce qui demande toute une mise en place, et, quand je peux, de faire des photos. De la même façon que pour les étoiles, j’ai été assommé par la quantité de détails que mon objectif longue focale était capable de révéler. Il existe des tonnes de photos de la Lune, mais savoir que c’est une photo de soi, c’est une satisfaction très particulière et ça crée un lien fort, inexplicable, entre le photographe et l’objet céleste.

Comme beaucoup de passionnés, Vincent Camerano collectionne des objets lunaires : ici, une touche de clavier artisanale faite en résine, qui illustre le premier pas de l’Homme sur la lune.

Que représente la Lune pour vous, en fait ?

Pour moi, la Lune, c’est ma petite dose d’émerveillement quotidien, que l’on peut perdre en déménageant dans une grande ville. Je crois que c’est primordial d’avoir cette petite dose d’émerveillement et de tenter de l’entretenir aussi souvent que possible. De manière générale, j’essaye de créer de l’émerveillement, autant dans mon travail pour les utilisateurs de mes produits, que dans la photographie, en partageant des clichés, d’astrophotographie ou non, sur les réseaux sociaux. 


UN ETE AVEC L’UNIVERSITE DE L’ESPACE

L’Alsace s’ouvre à l’espace avec l’ISU, l’Université de l’espace ou International Space University d’Illkirch-Graffenstaden qui forme aux métiers de l’espace et prépare des missions ou des expériences réalisées par des astronautes (4800 élèves depuis
30 ans). L’ISU organise jusqu’au 23 août sa 32e université d’été.

Plus de 300 experts du monde entier, des étudiants, des astronautes, des industriels se confrontent aux plus récentes découvertes et innovations de l’espace et planchent sur des programmes de formation, proposent des conférences ; un programme destiné au grand public pour expliquer l’espace et raconter le travail effectué à l’ISU. Nous saurons comment l’espace invente les applications que nous utilisons chaque jour, comment il fait avancer l’écologie, quel est son impact sur les performances humaines. Des rencontres gratuites, par exemple, le 20 juillet, avec des lancements de fusées fabriquées par les étudiants de l’ISU, qui fêteront les 50 ans de la mission Apollo XI.

Le 24 juillet est programmé un projet de recherche de preuves de vie extraterrestre. Le 30 juillet à l’église Saint-Guillaume, il y aura une performance de l’artiste mexicain Nahun qui a imaginé, entre poésie et technologie, des interactions en temps réel, entre la terre et une expérience dans l’espace, installée dans la station spatiale internationale. Il sera aussi question d’économie ou d’enjeux géopolitiques, pas seulement de conquête de l’espace. Un été très spatial, un grand rendez-vous « planétaire » à deux pas de chez nous.

Amphi ISU l’Université de l’espace ou In International Space Université d’Illkirch-Graffenstaden

Toutes les infos sur la page Facebook : InternationalSpaceUniversity